Saint-Étienne : l’ère de la culture dématérialisée

Avec l’interdiction des rassemblements, puis le confinement annoncé le 17 mars, le domaine de la culture a dû se réinventer pour proposer de nouvelles choses, sous de nouvelles formes.

Si vous ne venez pas à la culture, la culture viendra à vous. En ces temps troublés, beaucoup d’artistes, comme les spectateurs, avaient plus que jamais l’envie de retrouver cette «bulle» d’évasion devant un film, une pièce de théâtre ou dans un musée. Ces lieux hors du temps, où le spectateur s’enfuit de la réalité, ont terriblement manqué. Ainsi, plusieurs projets ont vu le jour, pendant et après le confinement, pour pallier à l’impossibilité de se retrouver.

Labellisée « Ville Créative Unesco Design » avec de nombreux festivals, des théâtres, des librairies et des musées, Saint-Étienne est une ville culturelle. Elle valorise la création et le développement de jeunes talents avec l’école d’art dramatique de la Comédie (reconnue à l’échelle nationale) et l’Ecole Supérieure d’Art et de Design. La ville de Saint-Etienne a accordé cette année 12,79 millions d’euros au secteur culturel. Malheureusement, cet investissement sur l’avenir qu’avait fourni la mairie a été brutalement amputé par la crise du COVID-19.

Face à la fermeture forcée de leurs structures, les pôles culturels stéphanois ont dû révolutionner leurs concepts et leurs idées de la culture. Un outil parfait pour cela était Internet. La révolution numérique a, cette fois-ci, permis aux acteurs culturels du territoire de se réinventer et d’échanger avec leur public à distance. Le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne avait déjà mis cela en place depuis plusieurs mois en offrant certaines œuvres, difficiles à conserver dans un musée, photographiées sur Internet.

Le spectacle vivant réinventé

À chaque domaine sa réinvention. Le théâtre et l’opéra ont décidé de partager leurs créations sur YouTube. L’orchestre symphonique de Saint-Étienne a proposé une version confinée de «Carmen» sur le réseau social. Quant à la Comédie, elle a partagé deux web-séries réalisées par les promotions 2017 et 2018 de leur école. «Construire un moulin» et «Clémence Cavale» sont deux pièces écrites par l’autrice Haïla Hessou, qui devaient être jouées par la promotion 2018 en tournée avec la comédie itinérante dans des villages qui ne possèdent pas de théâtres. Les élèves devaient apprendre à «monter [le] décor et [ils avaient] des journées à organiser avec les écoles pour parler du spectacle avec les enfants» selon Liora Jaccottet, étudiante à la Comédie.

Malgré le confinement, les élèves ont eu envie de réaliser leurs pièces par d’autres moyens : stop-motion, fiction radiophonique, bande dessinée… «C’était de l’expérimentation. C’est assez passionnant de se dire qu’on est capable de faire une autre sorte d’art» confie Lise Hamayon, une autre élève. Les élèves de la promotion 2017 ont, quant à eux, réaliser un projet appelé « Se lire à haute voix » durant lequel ils appelaient des personnes de la France entière pour leur lire une histoire. Djamil Mohamed, étudiant de la comédie, a beaucoup apprécié cette expérience nouvelle qui lui a permis de se sentir «un peu moins seul. Et les gens étaient super contents». Un autre moyen de raconter une histoire qui a du bon mais les élèves ont, selon les propos de Lise Hamayon, «un désir d’un rapport avec le public, de voir ce que c’est de jouer devant un public».

UN MUSÉE AUDIO

Le Musée de la Mine de Saint-Étienne a, lui aussi, décidé de créer un concept inédit pour le confinement. Il s’agit d’une série de podcast classée en plusieurs catégories car, selon Julie Garroux, une de ses auteurs, «l’audio est vecteur de sensations, on peut facilement se faire « emporter » dans une histoire, une lecture … ce qui peut recréer un lien émotionnel que certains visiteurs vivent sur place en période d’ouverture». De l’approche scientifique des mines à la présentation de mineurs venus de l’étranger en passant par le design, rien n’est oublié dans l’histoire du point central du patrimoine stéphanois. Pour choisir ces sujets, les quatre auteurs ont «souvent fait confiance à [leurs] intuitions, [leurs] inspirations tout en gardant en ligne de mire l’envie d’évoquer des thématiques parfois peu développées dans les commentaires des visites guidées» selon Julie, auteure.

L’avantage de cette nouvelle méthode de diffusion est que les podcasts peuvent être écoutés dans toute la France. Cette initiative portée par quatre auteurs «animés du fait de partager l’attachement que l’on porte au musée, de le montrer sous un nouveau jour et peut-être même d’attirer de nouvelles personnes jusqu’à la thématique minière» restera disponible sur la toile et est intégrée à la visite du musée depuis sa réouverture via des flashcodes. «Les podcasts viennent justement apporter un complément à la visite libre, puisque les visites guidées sont actuellement suspendues, explique Julie. C’est aussi l’opportunité de renouveler l’offre de médiation dans ce contexte particulier, ainsi cela crée une expérience de visite parfois plus immersive ou surprenante dans le musée.» Alors que le musée a rouvert ses portes le 9 juin, Julie annonce «quelques nouveautés» pour les semaines à venir.

Une fête de la musique pas comme les autres

Pour ne pas annuler l’édition 2020 de la Fête de la Musique stéphanoise, la mairie a décidé de la rendre digitale. Entre concerts enregistrés et lives à regarder à la maison, la fête se réinvente pour proposer des performances inédites. Julien Lavaire, alias Mc Pampille, un artiste stéphanois, va se produire en live sur la scène du Fil. Il trouve «l’initiative des acteurs culturels de la ville de Saint-Étienne louable et [il] leur tire [son] bob». Même si cet habitué de la Fête de la Musique souhaite interagir au maximum avec son public en live en faisant preuve «d’imagination et de second degré», il pense quand même que «l’ambiance sera forcément absente. Nous allons faire la captation d’un concert sans personne». L’association Gaga Jazz, quant à elle, enregistre et diffuse trois prestations de groupes de jazz qu’elle avait prévu d’organiser. Elle est heureuse de pouvoir «honorer [ses] contrats avec des artistes dont c’est le premier retour sur scène», malgré la différence de prestation. Elle précise quand même que cette initiative est «dans la lignée de la digitalisation de la musique qu’on a vu pendant le confinement» et salue l’initiative de la ville de Saint-Etienne ainsi que les dispositifs mis en place. «En général la fête de la musique je la célèbre, je m’éclate, mais cette année ça me faisait moins envie, explique Lisa, une étudiante stéphanoise. Je trouve ça dommage et illogique de la part de la mairie d’annuler la fête alors qu’elle maintient les élections le 28. Mais c’est bien qu’ils l’aient maintenue, ça fait travailler les artistes et ça leur permet de se faire connaître. Ça ne m’a pas intéressée car l’ambiance de la fête de la musique ne serait pas aussi présente.»

Crédit de une : Ville de Saint-Etienne

(Municicaqs #5) – Saint-Étienne, une ville à moderniser

Alors que le premier tour avait désigné largement gagnant le maire sortant Gaël Perdriau, ses choix pour faire face à la crise du coronavirus et au centre-ville déserté, pourraient faire basculer les votes en faveur de son principal opposant, Pierrick Courbon.

Le 15 mars 2020 s’est tenu le premier tour des élections municipales, à Saint-Étienne comme dans toute la France. Ce premier tour a été dominé par le maire sortant, Gaël Perdriau (LR) et sa liste « Préférons le défi », qui a réuni 46,88% des voix. Derrière lui, son principal rival, Pierrick Courbon (PS, « Saint-Étienne demain ») avec 21,31% et Olivier Longeon (EELV, « Le temps de l’écologie ») avec 12,42% des voix. Enfin, 5 listes ont recueilli moins de 10% des voix : « Saint-Etienne c’est nous! » (Sophie Robert, RN, 9,24%), « Saint-Etienne avant tout » (Patrick Revelli, LREM, 4,72%), « St-T La Citoyenne » (Andrée Taurinya, Div.G, 3,14%), « Réinventons Saint-Etienne » (Zahra Bencharif, PRG, 1,22%) et « Lutte ouvrière faire entendre le camp des travailleurs » (Romain Brossard, Ext.G, 1,06%).

La campagne électorale pour les élections municipales a été marquée par de nombreuses interdictions dues à la pandémie. Mais elle n’a pas été sans polémique. Une semaine seulement avant le premier tour des élections municipales, la tête de liste RN Sophie Robert a révélé au site Valeurs Actuelles la présence sur la liste du maire sortant d’Abdelouahb Bakli. Ce quinquagénaire a été le responsable national de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) mais aussi du Conseil Régional du culte musulman (CRCM) de la région Rhônes-Alpes. Étant réputé proche des Frères Musulmans, sa présence a été considérée comme une atteinte à la laïcité.

« La religion doit rester dans la sphère privée » a rappelé le candidat à la mairie Pierrick Courbon (PS). Pour le candidat EELV Olivier Longeon : « le combat municipal doit être mené sur le terrain de la laïcité ». Le maire sortant dénonce « une campagne de calomnies » et « des attaques inadmissibles ». Mais certains de ses colistiers critiquent ce choix : « La présence de M. Bakli ne nous amuse pas beaucoup » a confié l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat.

Suite à ces difficultés et polémiques, les campagnes ont dû se réinventer. Après l’interdiction des rassemblements et du porte-à-porte, tout repose sur la campagne dématérialisée. Ainsi, on a vu apparaître une bannière Facebook « Je vote pour Gaël Perdriau », des posts sur différents réseaux sociaux qui mènent vers les sites des différents partis, les programmes et même des tables rondes virtuelles !

UN POINT FORT : L’ÉCOLOGIE

Olivier Longeon, candidat EELV (source : saintetienne.eelv.com)

Une des principales préoccupations françaises et stéphanoises est l’écologie et la préservation de notre biodiversité. Cela représente un point phare dans les programmes des candidats. Le maire sortant n’a pourtant porté ces valeurs que très récemment avec son initiative du « fauchage raisonné ». Une idée qui ne conquiert pas le cœur de tous les administrés. Cette pratique, bien qu’écologique, est appliquée trop tard aux yeux d’Olivier Longeon (EELV) : « Aujourd’hui, il vient nous dire qu’il a eu la révélation, qu’il va se mettre à faire de l’écologie et des pistes cyclables » ; et dans les mauvais espaces pour Lore Prijac, archère au parc de Méons, qui n’a pas été tondu au début de la saison : « Ce n’est pas adapté à la pratique de notre sport ».

D’autant plus que Gaël Perdriau a autorisé la création du centre commercial Steel, en périphérie, quasiment sans accès en transports en commun. Un débat qui a été au centre des conversations entre politiques et stéphanois. Tous les candidats se disent contre ce projet qui « nuit au développement du centre-ville et des quartiers de Saint-Etienne » pour Olivier Longeon. C’est « une catastrophe pour tous nos commerçants du centre-ville » selon Patrick Rivelli (LREM), « une triple trahison » pour Pierrick Courbon et « une très très mauvaise opération » aux yeux de Andrée Taurinya (LFI). Mais qu’en pensent les Stéphanois ? Les avis sont partagés. « L’initiative est bien mais trop excentrée. Saint-Étienne est répartie sur plusieurs endroits. Chacun va au plus près. Mais le centre ne va pas être développé. » confie Aline Cantat, étudiante à Saint-Etienne. Danielle Paolone, retraitée à Saint-Etienne, est intéressée par ce projet car « il y aura beaucoup de commerces regroupés au même endroit et quel que soit le temps on pourra s’y rendre, mais j’ai peur que le centre-ville soit de plus en plus déserté. » Pour Julie Pradel, étudiante à Saint-Étienne, « à l’heure où le centre-ville de Saint-Étienne se déserte j’ai du mal à comprendre cette initiative, explique-t-elle. Ce projet a dû coûter beaucoup d’argent et même s’il doit rapporter ça sera au détriment du centre-ville et des petits commerçants. Ainsi je pense « bouder » le Steel et ne pas du tout y aller. »

UN PREMIER MANDAT MOINS PORTÉ SUR L’ÉCOLOGIE

Gaël Perdriau, maire sortant LR ( source : perdriau2020.com)

En plus du fauchage raisonné, Gaël Perdriau aura tout de même, durant son mandat, créé la carte STAS 10 voyages à 10€, qui baisse le coût des déplacements en bus ou tram. Son programme explique qu’il a également investi 43 millions d’euros dans un « plan vélo ». Pour le candidat écologiste Olivier Longeon, désormais allié avec le PS, il est persuadé du contraire : « il a supprimé le projet de piste cyclable sur le nord de la Grande Rue, c’est-à-dire qui allait de la Terrasse jusqu’à Carnot, dans une de ses premières décisions. » Selon lui, ce projet était déjà dessiné et aurait dû être cofinancé par la région. 

Pour Olivier Longeon, le mandat de Gaël Perdiau a été « teinté d’un refus de l’écologie prononcé ». Il a limité la piétonnisation en centre-ville, négligé un traitement plus moderne des déchets et « n’a pas fait grand-chose en termes d’énergie nouvelles ». Il a également augmenté la présence de publicité dans les rues, avec des panneaux sur les trottoirs, dans « une vision qui date des années 1980-90 ». Pour le candidat écologiste, c’est le principal problème du maire actuel : « Il n’est pas dans son siècle. Il n’est pas dans la lutte contre le réchauffement climatique. »

DES IDÉES ÉCOLOGISTES À DÉVELOPPER

Pierrick Courbon, candidat PS (source : Twitter Le Progrès Loire)

Les propositions sur les programmes en termes d’écologie sont multiples. Le maire sortant se concentre surtout sur le développement des transports, comme il l’a fait jusqu’ici avec la nouvelle ligne de tram. Il propose, par exemple, un abonnement à 10€ par mois pour les enfants, étudiants, seniors, handicapés, chômeurs et CMU. Pourtant, ces personnes-là ne sont pas celles qui pourraient limiter la présence de voitures en centre-ville en allant au travail en transports en commun. Il veut également étendre le réseau du bus nocturne, le « Noctambus », et les horaires des trams jusqu’à une heure du matin. Pour les vélos, il propose des Véliverts gratuits, la création de 110 kilomètres de pistes cyclables et une augmentation de l’aide à l’acquisition de vélos électriques. Il envisage un réseau 100% propre d’ici 2030. Son programme inclut aussi un « plan fontaines » et « un plan parcs urbains », qui ne sont pas réellement développés dans leur mise en place. Mais l’idée séduit déjà Aline, étudiante : « Dans Saint-Etienne même il n’y a que le parc de l’Europe, difficile d’accès en tram. Mais ça manque je trouve. » Sa camarade Julie est d’accord mais pense tout de même que c’est « plus facile à dire qu’à faire à cause du manque de place et de l’entretien. »

Du côté de la gauche, avec l’alliance de Pierrick Courbon et Olivier Longeon, les propositions sont assez similaires pour proposer des plans concrets. Leur mesure phare est la gratuité des transports en commun, « à la fois solidaire et écologique » selon eux. Ils proposent de financer ce projet d’environ 25 millions d’euros avec un tiers d’économies de fonctionnement sur le budget de la Métropole (grâce à une baisse du budget de l’office de tourisme, de l’aéroport ou de la cité du design), un tiers de nouvelles taxes sur les surfaces commerciales comme le centre commerciale Steel, les amendes de stationnement et l’augmentation du « versement mobilité » des entreprises et enfin un tiers de projet politique (avec l’abandon de projets peu écologiques tels que l’A45 ou la patinoire olympique). Pour Aline, cela « permettrait à plus de gens de se déplacer un peu de partout. Après si c’est pour avoir une moins bonne qualité du service, c’est pas trop la peine. » Danielle, retraitée stéphanoise, précise que « plusieurs villes l’ont déjà mis en place et ils sont satisfaits. D’autre part cela permettrait à plus de Stéphanois de venir en ville et peut-être que cela fera revivre le centre ville. » Cependant, Julie explique que, dans ce cas-là, « il faudrait penser à augmenter le trafic car je prends souvent les transports aux heures de pointe et ils sont vraiment bondés ! »

Face au nombre peu important de Stéphanois se rendant au travail à vélo (seulement 1,1%), ils proposent des créations de voies vertes. D’autres projets sont plus originaux que leur concurrent comme la piétonnisation de l’hyper centre, le « disque vert » pour voitures électriques ou partagées, qui offrirait 2 heures de stationnement en ville, ou encore le développement d’un « RER lyonnais » qui renforcerait la ligne SNCF Lyon-Saint-Etienne. Ils déclarent vouloir créer un parc « zéro béton » en centre-ville et découvrir le Furan, fleuve actuellement enfoui sous le goudron.

Pour donner plus de places aux arbres dans cette ville assez grise, ils prévoient une végétalisation des cours d’école et un plan de plantation d’arbres avec le développement d’une agriculture locale. En matière d’énergies, la création d’un « tiers-payant » énergétique pour des rénovations thermiques et la simplification des démarches pourraient encourager les stéphanois à utiliser plus d’énergie propre. Olivier Longeon avait même parlé d’une utilisation intelligente des nombreux barrages autour de Saint-Étienne pour créer de l’énergie en grande quantité, mais la proposition n’est pour l’instant pas évoquée sur le programme de la liste de Pierrick Courbon. 

L’ÉDUCATION EN PREMIÈRE LIGNE

Salle informatique de l’école « Les ovides » à Saint-Etienne (source : Maou42000)

Le dernier point important de cette campagne est l’éducation. Accueillant 15 382 élèves dans 116 écoles maternelles et primaires, Saint-Étienne doit également focaliser ses efforts sur le développement de ces établissements. Gaël Perdriau a déjà réussi à créer des cantines avec des produits majoritairement locaux et des repas végétariens. Il a également ouvert 79 nouvelles classes. Pour la suite, il prévoit de doubler le budget accordé aux bâtiments scolaires, qui passerait de 20 à 40 millions d’euros. Dans un enseignement de l’écologie, il propose à chaque élève de CE1 de planter un arbre. Il souhaite également créer de nouvelles places en crèches.

Du côté de l’alliance de Pierrick Courbon et Olivier Longeon, au-delà de l’augmentation des moyens pour la rénovation des locaux, c’est une offre essentiellement écologique et solidaire. Avec, par exemple, la création d’une nouvelle école en centre-ville pour désengorger celles déjà présentes. Elle serait la première à avoir une cantine 100% bio et locale, mesure qui s’étendrait après aux autres écoles. Ils proposent également une offre périscolaire ouverte à tous avec la réhabilitation de l’heure d’étude gratuite, supprimé par le maire actuel, pour en faire une heure d’aides au développement. Ils souhaitent aussi ajouter une ATSEM par écoles maternelles et 100 places en crèches.

Un combat pour la place de maire qui, même s’il semblait gagné au premier tour, est loin d’être fini pour Gaël Perdriau.

Source de l’image mise en avant : Daniel Villafruela

Robert Herbin est décédé, le football français est en deuil

Robert Herbin, l’entraîneur emblématique des Verts, est décédé lundi soir à l’hôpital nord de Saint-Étienne. Il avait récemment été admis en réanimation en raison d’une grande fatigue liée à des problèmes cardiaques et pulmonaires.

Légende du football français et de l’histoire des Verts, Robert Herbin, celui qu’on surnommait « Le Sphynx » est décédé. Il souffrait de problèmes cardiaques et pulmonaires, sans lien avec la pandémie de Covid-19. Très affaibli physiquement, il avait été pris en charge en urgence par le CHU de Saint-Étienne.

Joueur d’un seul club et entraineur réputé

Adulé au Chaudron, Robert Herbin était le joueur d’un seul club, avant d’en devenir par trois fois son entraîneur. Il a permis à Saint-Étienne de gagner neuf de ses dix titres de champion et six Coupes de France. International français (vingt-trois sélections et trois buts), l’ancien milieu de terrain reconverti libéro a également disputé l’Euro 1960 et la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Le football français se souvient surtout de lui en tant qu’entraineur à Saint Étienne, entre 1972 et 1983. Le club stéphanois a vécu les plus grandes heures de son histoire sous la direction du Sphynx. C’est notamment avec Robert Herbin que Saint-Etienne a disputé la finale de la Coupe des clubs champions face au Bayern Munich, le 12 mai 1976 (0-1) à Glasgow. Malgré la défaite, il avait été félicité et porté par ses joueurs, avant d’aller fêter cet incroyable parcours sur les Champs-Élysées à Paris le lendemain.

En 1983, il quitte les Verts pour aller entrainer le rival lyonnais, à l’agonie à cette période. Malgré de réels progrès en trois mois seulement, Robert Herbin ne peut éviter la relégation en deuxième division. Il quitte alors la capitale gauloise pour Valence, en 3ème division, avant de faire son grand retour à Saint-Étienne en 1987. La période faste des Verts est toutefois révolue quand il revient. Les titres ne sont plus d’actualité, ce qui le conduit à quitter l’ASSE en 1990. Il occupe ensuite plusieurs autres postes d’entraîneur, en Arabie saoudite en passant le RC Strasbourg et le Red Star. Il intègre ensuite la Fédération Française de Football et dirige le Conseil Fédéral, avant de s’éteindre en 2020 à cause de problèmes de santé.

« C’est grâce à lui qu’on a l’étoile sur le maillot »

Roland Romeyer, l’actuel co-président de l’AS Saint-Étienne, n’oublie pas tout ce que le club doit à Robert Herbin. « On a eu des grands entraîneurs, mais Herbin c’est le plus grand (…) C’est grâce à lui qu’on a l’étoile sur le maillot. Roby a été un guide pour tous les entraîneurs, il était précurseur dans sa manière de coacher (…) Robert Herbin a marqué l’histoire du club, si l’ASSE est mythique, c’est à lui qu’on le doit », a-t-il affirmé dans Le Progrès. Suite à l’annonce de cette tragique nouvelle, les témoignages affluent pour rendre hommage à un homme qui a redoré l’image du football français sur la scène européenne. On l’appelait « Le Sphynx » car il n’aimait pas s’exprimer, privilégiant le silence pour démontrer toute sa sagesse.

Grève du 5 décembre : Résumé en Auvergne-Rhône-Alpes

Plusieurs millions de salariés du public et du privé ont fait grève, ce jeudi, contre la réforme des retraites. Transports, Éducation nationale, hôpitaux, pompiers, policiers, avocats, éboueurs, énergie… La France a tourné au ralenti. Résumé de la journée en Auvergne-Rhône-Alpes.

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

Lyon

C’est peut-être la ville la moins touchée par la grève des transports. Les perturbations ont été très limitées à Lyon. Le réseau intra-urbain a été quasiment saturé aux heures de pointe.

Entre 20 000 (préfecture) et 35 000 (CGT) manifestants dans les rues. 50 % des enseignants sont grévistes, selon le rectorat lyonnais. Quasiment 50 % dans le second, 34,5 % dans les lycées et 17,54 % dans les collèges. Le cortège est composé de Gilets jaunes, d’étudiants, de syndicalistes et de black blocs. La place Jean-Macé a été bouclée par la police aux alentours de 15 heures. Les forces de l’ordre avaient pour objectif de disperser les groupes formés en utilisant beaucoup de gaz lacrymogènes.

Clermont-Ferrand

La manifestation devait débuter à 10 heures. Elle a démarré avec 30 minutes de retard. Le cortège est parti de la Place du 1er Mai et doit se terminer à la préfecture. 30 000 personnes ont défilé selon les syndicats. 15 000 manifestants selon les services de l’État. Dans le cortège, Frédéric Bouchard, secrétaire départemental de FO, est présent. Au micro de La Montagne, il exprime sa colère : « La population de ce pays ne veut plus de cette politique (…) qu’ils dégagent avec leur politique ! (…) Nous on est du côté du Conseil National de la Résistance, je ne me pose même plus de question pour savoir dans quel camp est Macron et toute sa clique ! ». Gilets jaunes, gilets rouges, défilent ensemble. De nombreuses pancartes. Nous avons retenu celle-ci : « Hé ! Manu ! Arrête de baiser les vieux, contentes-toi de la tienne… »

Aurillac

Pour les organisateurs, c’est un « succès ». La manifestation a débuté à 10 heures à partir de la place des Carmes. Entre 2000 et 3000 personnes ont défilé depuis ce matin. Cela fait presque 10 ans qu’Aurillac n’avait accueilli autant de monde. En 2010, quasiment 4.500 personnes s’étaient rassemblées pour grogner contre la réforme des retraites du gouvernement Sarkozy.

Saint-Étienne

Près de 10 000 personnes ont manifesté, selon la police. 22 000 selon les syndicats. Le cortège a rassemblé beaucoup de retraités comme Carlos, venu de Boën-sur-Lignon. Il témoigne au micro d’Activ Radio : « Je suis retraité, et on a subi de plein pot la mise en place de la CSG, qui fait que les retraités ont perdu plus de25% de leur pouvoir d’achat des dernières années. » La Police Nationale s’est rassemblée devant le commissariat de Saint-Étienne.

Grenoble

La police attendait 6000 manifestants. C’est un constat exceptionnel, puisque la CGT revendique 30 000 participants. Les forces de l’ordre ont compté 12 500 personnes, soit 2 fois plus que leur prévision. Le défilé a débuté à 10 heures. Il était composé de plusieurs grands boulevards pour terminer au parc Paul Mistral vers 13 heures. La manifestation s’est déroulé dans le calme. Après 13 heures, et durant l’après-midi, la situation a été tendue. Des heurts entre jeunes et CRS ont éclaté.