Le « monde d’après » chez les soignants

Burn-out, manque de personnel, manque de reconnaissance, faible salaire… Depuis des années, les soignants manifestent leur mécontentement pour faire améliorer leurs conditions de travail. Face au monde d’après (Post-Covid), les soignants seront-ils enfin entendus ?

Mardi 16 juin, les soignants ont manifesté pour la première fois depuis le déconfinement, toujours pour les mêmes raisons : leurs conditions de travail. Elles se sont vues détériorées au fur et à mesure du temps entraînant un mal-être généralisé pour les professionnels de santé. Des internes qui travaillent souvent entre 60 à 80 heures par semaine, des infirmiers et aides soignants en sous-effectifs qui courent dans les couloirs, qui n’ont parfois pas le temps d’aller aux toilettes ou de prendre leur pause repas, des ASH (Agent des services hospitaliers) avec toujours plus de responsabilités, mais sans aucune augmentation de salaire… L’hôpital public s’écroule, se transformant dangereusement en usine à soin et le monde de la santé s’essouffle.

Le Covid-19 a stoppé temporairement les manifestations des professionnels de la santé et du paramédical pour se concentrer sur l’urgence sanitaire. Au premier front, fidèles à leur poste, ils ont assuré les soins pendant le confinement. Le gouvernement a lancé le Ségur de la santé récemment, qu’en est-il de l’opinion des soignants sur leur propre avenir et le futur de la santé en France ? CAQS a pu interviewer différents soignants : Aude, aide-soignante, dans une clinique privée. Raphaëlle Jean Louis, infirmière, autrice de « diplôme délivré(e)» et réalisatrice. Claire, futur externe bientôt en 4ème année de médecine. Véronique, infirmière depuis 30 ans et Claire, infirmière depuis une dizaine d’années exerçant dans les DOM TOM. Nous leur avons demandé leurs avis sur le « monde d’après » Covid-19, pour les soignants, l’hôpital public et la santé. Entre espoirs et désillusions, voici leurs témoignages.

Des postes ont déjà été supprimés

Aude, aide-soignante, a d’abord été dans l’espoir avant d’être désabusée par la situation: « au début j’ai cru que le Covid-19 allait changer quelque chose, que ça allait changer la mentalité des gens, la mentalité du gouvernement, que ça allait bouger les choses.» En ajoutant que deux mois c’était trop court pour avoir un impact massif sur des changements au niveau gouvernemental, seul l’argent gouverne le monde. Cette aide-soignante a pu déjà s’apercevoir d’un retour en arrière depuis le déconfinement, des postes ont déjà été supprimés dans sa clinique privée : « l’équipe de jour s’est retrouvée avec des suppressions de poste. Les infirmières de jour se retrouvent maintenant à travailler une par étage ». Se retrouvant seules face à plus d’une dizaine voire une vingtaine de toilettes à enchaîner le matin.

Même constat pour Claire, infirmière dans les DOM TOM, pensant qu’il faut toujours continuer de se battre, mais ressent une certaine lassitude. En 12 ans de carrière, elle a vu les conditions de travail se détériorer : « déjà les hôpitaux sont manager, ce qui fait que le système de santé doit être absolument rentable, ce qui va à l’encontre d’une grande éthique, donc c’est très problématique ». Tout en précisant que cela va être compliqué pour les soignants d’obtenir quoi que ce soit. Selon elle, malgré la concertation qui a lieu dans la sphère médicale et paramédicale depuis presque un mois, la négociation reste complexe. Pour Aude, l’hôpital public pourrait peut-être évoluer, tout en restant sur le conditionnel, mais jamais le privé changera. La raison ? « L’argent».

« Bosse et tais-toi »

Le Segur de la santé a commencé le 25 mai, c’est une grande concertation, réunissant le monde de la santé et du médico-social afin de refonder le système de santé actuel. C’est à la mi-juillet que ce dernier prendra fin, des débats sur la revalorisation des rémunérations et des carrières sont en cours. De nombreux soignants sont sceptiques, méfiants de ce Segur de la santé. C’est le cas de Véronique, infirmière depuis plus de 30 ans : « je suis peu optimiste sur le fameux Ségur de la santé, car il n’y a pas vraiment de représentants de notre profession à ce dernier. Donc rien ne va sortir pour nous les infirmiers. Je suis en colère même sur ce manque de représentation. Mais je dis comme habitude, on pense à nous seulement quand on ne peut pas faire autrement, sinon c’est bosse et tais toi ».

Quand d’autres y voient une lueur d’espoir telle que Claire, bientôt en 4ème année de médecine : « Je pense et j’espère que suite à cette épidémie les conditions de travail seront meilleures. On a pu voir la détresse des soignants et du monde hospitalier actuel». Elle a espoir que le Segur aboutit à des changements positifs pour les professionnels de la santé et paramédical, bien qu’elle ne sera pas étonnée si rien ne se fait. Raphaëlle, infirmière engagée pour revaloriser les métiers des soignants et lutte pour améliorer les conditions de travail, ne se prononce pas sur le Segur de la santé, pour elle tout dépendra des décisions prises par le gouvernement, mais reste malgré tout optimiste et espère un changement de la part de l’État.

« On peut changer les choses »

Cependant, cette dernière demeure sceptique face à toutes les intentions liées aux soignants. Au départ, elle était touchée par les applaudissements à 20h, puis vain une incompréhension : « On n’est pas les seuls à avoir fait face à cette crise sanitaire, est-ce qu’on essaye de nous divertir, je me suis demandée si on essayait de nous duper à travers les applaudissements. Puis il est venu la fameuse prime de 1500 euros et cette médaille et là je me suis dit, applaudissements, médaille et maintenant les 1500 euros, c’est quoi au juste, désolée d’être familière, c’est une carotte, mais on n’est absolument pas dupe, ce n’est pas ça que l’on veut, donc on est encore aujourd’hui dans les rues et on continuera tant que ça n’avancera pas ». L’infirmière-réalisatrice insiste bien que les manifestations des soignants actuelles n’ont aucun rapport avec le Covid-19, car ces métiers là sont bouleversés depuis de nombreuses années avec des conditions de travail toujours plus difficiles, qui cause du tort autant pour les personnels soignants que pour les patients.

Depuis longtemps, les soignants n’ont cessé de manifester sans réel changement, leurs revendications restaient sous silence. Le Ségur de la santé sera-t-il à la hauteur de leur espérance ? En matière d’augmentation du personnel, de matériel, de revalorisation des carrières ou encore de revalorisation des salaires, à titre d’exemple, le salaire des infirmiers en France est en dessous de la moyenne européenne ainsi que les pays membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Mais pour Raphaëlle, il faut continuer à se battre et y croire : «par moments on se dit que ça va jamais changer, mais enfaîte non, il faut garder espoir et être positive, parce que je repense à d’autres combats qui ont eu lieu dans l’Histoire et je me dis qu’on a le pouvoir, donc on peut faire changer les choses ».

crédit de une : Raphaëlle Jean Louis

L’initiative franco-allemande pour redresser l’Europe

Face à la crise causée par le covid-19, la France et l’Allemagne ont dévoilé ce lundi après-midi leur initiative pour redresser l’Europe. Leurs propositions reposent sur quatre piliers : la santé, la relance économique, la transition écologique et la souveraineté industrielle.

Le couple franco-allemand donne l’impulsion à l’Union européenne pour dépasser la crise du covid-19. Après avoir effectué un travail commun, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont proposé une initiative aux 25 autres pays membres. Une réponse à court terme pour assurer l’avenir et la viabilité de l’UE.

Mais « la crise la plus importante de l’histoire de l’Union européenne » n’a fait que renforcer les divisions. L’Europe a été capable du meilleur comme du pire. Certains pays n’ont pas hésité à faire acte d’une grande solidarité en faisant don de matériel médical ou encore en accueillant des malades de pays en difficulté face au covid-19. D’autres ont cependant fait le choix de céder au nationalisme, en fermant drastiquement leurs frontières, malgré les accords de Schengen.

« Une Europe de la santé »

« Face à la pandémie, l’Europe a sans doute été mise en défaut au début de cette crise. D’abord parce que la compétence sanitaire n’est pas une compétence communautaire », a déclaré Emmanuel Macron au cours de la conférence de presse. Une incapacité qui a conduit le président de la République française et la chancelière allemande à proposer la création d’une « Europe de la santé ». Les deux pays plaident en faveur d’un stock commun de produits pharmaceutiques et médicaux tels que des masques et des tests. Un travail main dans la main est également envisagé avec des plans de prévention partagés des épidémies ainsi que des méthodes communes pour recenser les cas.

Un plan de relance de 500 milliards d’euros

Les deux pays proposent la création d’un fonds de relance, financé par la Commission européenne grâce à des emprunts sur les marchés. 500 milliards d’euros sont prévus et seraient distribués aux secteurs et aux régions les plus impactés par la crise sanitaire et économique. « Ce sont les pays qui ont le plus souffert qui vont profiter au maximum de cette aide », a appuyé Angela Merkel. Cet argent devra progressivement être remboursé à long terme, sur plusieurs années. « Ce sera aux États membres de rembourser et non aux bénéficiaires », a précisé le président de la République.

« Le Green Deal ne doit pas être remis en cause mais accéléré »

Lors de la conférence de presse, Emmanuel Macron a rappelé l’importance du Green Deal, qui prévoit la neutralité carbone d’ici 2050. Cet accord « ne doit pas être remis en cause mais accéléré », a-t-il déclaré. La politique écologique ne sera pas mise de côté malgré l’importante crise générée par le virus du covid-19. « La relance de l’Union devra être accompagnée d’engagements en matière de climat, d’environnement, de biodiversité », a ajouté le président de la République.

Une Europe souveraine

Le quatrième pilier évoqué est celui d’une Europe souveraine. L’objectif est ici de créer une « Europe des champions » pour « relocaliser les investissements clés » sur le continent. Afin de ne plus dépendre de pays hors de l’Union européenne, la production de médicaments ou encore de batteries pourrait reprendre.

La conférence complète est à retrouver sur le compte Twitter de l’Élysée.

La méthode coréenne contre le COVID-19

Aujourd’hui, la Corée du Sud est le pays comptant le moins de morts liés au coronavirus. Leur méthode a convaincu le monde entier sur l’efficacité de ce dispositif.

La Corée du Sud était prête pour l’épidémie de COVID-19. Les autorités, se sachant proche géographiquement de la Chine, ont préparé plusieurs mesures en amont de l’arrivée du virus sur le territoire sud-coréen. Des mesures que les expatriés français comprennent, des expatriés qui se sentent plus en sécurité là-bas, que de rentrer en France.

La localisation des malades

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les autorités sud-coréennes localisent les personnes malades avec leur téléphone. Trois codes couleurs : vert, orange et rouge. Vert, pour ceux qui sont guéris ou non malades, orange pour ceux qui ont été en contact avec des malades et doivent rester chez eux. Rouge pour les malades confirmés et qui doivent rester impérativement chez eux.

Cette localisation est accessible à tout le monde. Les personnes ayant cet accès peuvent savoir si elles ont croisé une personne infectée ou pas. Plan de localisation choisi par la France avec les opérateurs de téléphone, il n’est pas encore mis en place et pourtant il est déjà décrié par certains.

Le port du masque obligatoire

Le port du masque est entré dans les moeurs de la Corée du Sud depuis longtemps. C’est un geste que les Coréens effectuent à partir du moment où ils sont malades. Ils les portent même l’hiver quand il fait froid.

Mais depuis le début de la pandémie, le port du masque est devenu obligatoire. L’avis mitigé de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) n’a pas empêché les 77 millions de Sud-coréens de porter le masque pour se protéger de l’extérieur.

« Maintenant je ne vois plus du tout le visage des Coréens, ou des gens dans la rue », explique Kara, une expatriée française à Séoul. « Mais ce n’est pas exceptionnel, durant l’hiver, il n’est pas rare de voir des Séouliens, porter des masques parce qu’ils sont malades. Ils ont une culture et un respect de l’autre qui est exceptionnel et que l’on n’a pas forcément en France ».

Des tests à foison

Les autorités ont organisé une campagne massive de tests. Suite au SRAS de 2003, le gouvernement a créé des tests et s’est préparé pour l’épidémie. Quand les premiers cas ont été diagnostiqués, toute la population a été invitée à se faire tester pour prévenir l’épidémie. Solution qui a prouvé que tester tout le monde pouvait freiner la maladie.

Agressions, manque de matériel : le personnel soignant en difficulté face au coronavirus

Depuis quelques jours, de nombreux médecins témoignent d’agressions et d’incivilités subies au quotidien. Ces incidents viennent perturber la vie des soignants déjà alourdie par les vols et le manque de matériel. Dans certains arrondissements de Paris, le harcèlement a conduit le personnel des hôpitaux à engager des agents pour protéger les employés.

La situation dans les hôpitaux est devenue cauchemardesque pour les médecins. Face au manque de matériel et d’effectifs, les soignants doivent traiter l’afflux constant de personnes testées positives au Covid-19. En région parisienne, les hôpitaux sont saturés et des transferts de patients vers les régions ou pays voisins sont effectués en attendant l’arrivée de nouveaux moyens matériels. Les conditions restent toutefois éprouvantes avec un personnel soignant affaibli et de plus en plus agressé.

Equipe médicale à l’Hôpital Bichat AP-HP Paris. Photo crédit : France 3

La peur comme principal facteur

Des vols de voiture aux agressions verbales en passant par les menaces et expulsions à domicile, les victimes sont à bout de forces. L’origine de ces agressions serait premièrement la peur qui, selon Michel Tori, adjoint au Syndicat Alliance Police, pousse certains individus à une réaction violente : « le risque d’être touché par l’épidémie fait que les gens agissent de manière déraisonnée », affirme-t-il.

Récemment dans la région Rhône-Alpes, un couple d’infirmiers a été expulsé de son domicile. Le propriétaire avait exigé dans une lettre écrite, le départ des deux conjoints, évoquant « le risque qu’ils font prendre à la communauté en côtoyant des gens contaminés ».

« Ces agressions restent le fait d’une minorité »

Céline Laville, syndicat à la Coordination Nationale Infirmière

Des « cas isolés »

En dépit de quelques personnes frustrées, d’autres profils sont également mis en cause. Dans le 10e arrondissement de Paris, à l’Hôpital Lariboisière, les soignants sont escortés par des agents de sécurité pour d’éviter les « prises à partie ». Toutefois, pour Céline Laville, syndicat à la Coordination Nationale Infirmière, ces incidents ne sont que des « cas isolés ». Elle témoigne : « les gens de mon entourage qui travaillent dans les hôpitaux n’ont pas de problème ». Le rapport des renseignements généraux confirme « qu’il n’y pas assez de cas en France pour dire que les médecins subissent une discrimination importante dans leurs lieux de travail, bien souvent il s’agit de cas à part ».

« La situation reste difficile mais on doit faire avec »

Quoi qu’il en soit, l’incertitude et la peur sont aussi présentes chez les soignants. C’est le cas d’Élise, infirmière à Montpellier. Travaillant avec des médecins, elle affirme être inquiète de ce qui pourrait lui arriver : « comme tous les médecins je ne suis pas convaincu que les masques qu’on nous donne soit suffisant pour nous protéger ». Élise connaît une amie, elle aussi soignante, victime d’un vol dans sa voiture. Les masques, gants et gels qu’elle possédait avaient été emportés.

Malgré toute la pression, certains ne se découragent pas, comme Lucille, médecin en réanimation à Paris. Les médecins se montrent compatissants envers les personnes instables et gardent leur sang-froid au stress véhiculé par l’ensemble des patients. Pour Lucille, « la situation reste difficile mais il faut faire avec ».

Covid-19 : Sophie, infirmière du privé, réquisitionnée dans le public

Cadre de santé dans une clinique privée en région parisienne, Sophie* a accepté de nous raconter son quotidien durant cette crise sanitaire. Anciennement infirmière, puis titulaire d’un diplôme d’État d’infirmier de bloc opératoire (IBODE), elle a été réquisitionnée par les hôpitaux publics, périphériques à sa clinique.

Sophie passe ses journées à gérer l’organisation et la gestion de l’hôpital. « Ma journée type est d’accompagner la cadre de réanimation, la cadre du bloc opératoire afin d’organiser la prise en charge des patients, les médicaments, gérer le nombre de lits, gérer le personnel. En ce moment on fait plus de la logistique, mais je vais aussi en service de réanimation pour aider les soignants car il n’y a clairement pas assez de personnel.  Actuellement tous les blocs sont fermés dans le privé pour laisser les respirateurs libres pour les Covid-19, même si une salle est toujours mise à disposition pour les urgences ».

La prise en charge des patients se fait dans une tente, le plus rapidement possible afin de leur apporter les soins adéquats. « À l’arrivée des patients, il y a une tente où ils sont pris en charge par les soignants. Ils sont diagnostiqués, on voit leur état et ils sont emmenés vers le service adéquat. On ne perd pas de temps, tout est bien fait, tout est bien organisé là où je travaille. La mairie de la ville a très bien géré pour les structures. Les patients du Covid-19 prennent beaucoup de temps dans la prise en charge, avec la médicamentation et les soins. Il faut savoir que la maladie peut aller très vite dès que les symptômes commencent à apparaitre. Quelques fois, les gens sont « toussants » puis quelques heures après, ils décèdent. Il n’y a pas de traitement pour le virus et il n’y a pas beaucoup de moyens de soulager les patients non plus, si ce n’est par l’intubation ventilation ».

Le personnel hospitalier est dépassé par la crise

Le personnel hospitalier travaille sans relâche, au bord de l’épuisement, pour vaincre le virus même si les moyens médicaux ne sont pas suffisants. « Cette crise dure depuis trois semaines, le personnel est fatigué, il s’arrête. Il n’y a pas assez d’infirmières, d’aides-soignants, ni assez de matériel médical. Les réanimateurs et les médecins se posent beaucoup de questions, ils essayent de lutter avec les moyens du bord ».

Cette crise, en plus d’inquiéter, prend tout le personnel médical à la gorge. Le gouvernement, suite à une gestion de crise trop tardive, sûrement, provoque une pénurie de masques. Les conditions de travail dans les hôpitaux étaient déjà très dégradées, avec cette crise cela devient difficile de faire le travail d’un soignant.

Pour continuer à travailler « sereinement », cette infirmière de formation ne préfère pas penser aux risques qu’elle encoure en allant au travail : «  J’essaie de pas trop penser aux risques d’être infirmière aujourd’hui, sinon on « psychote » on voit déjà assez de choses comme ça dans la journée. Il ne faut pas se poser de questions quand on est soignante, de toute façon, on est réquisitionné donc on est obligé d’y aller. Oui ça fait peur, ça fait réfléchir, parce qu’il y a des gens de tout âge. L’entraide entre les collègues aide à tenir. Tout le personnel hospitalier y met du sien, les chirurgiens sont en réanimation, les réanimateurs aident pour les toilettes ».

Cette cadre de santé met en garde sur l’augmentation du nombre de cas de Covid-19, « il sera très difficile d’accueillir correctement les patients. Le manque de matériel est bien trop important ».

Cette épidémie permet de prendre conscience des failles du système de santé français. Des réponses du gouvernement seront attendues pour le corps médical, qui depuis des années, demande plus de moyens : « cette crise va être bien pour mettre des choses en place, mais c’est dommage d’attendre qu’il y ait une crise comme ça pour se rendre compte que ça ne va pas ».

*Sophie = Prénom changé.