Premier League : une couronne pour trois

Jordan Henderson, Sadio Mané, Kevin De Bruyne : trois noms pour un titre, celui de meilleur joueur de Premier League. Ces trois noms, révélés par le PFA (Association de footballeurs professionnels), ont reçu le plus de votes de la part des joueurs du meilleur championnat au monde. Alors qui du génie belge, du poumon de Liverpool ou du chouchou de Klopp se verra couronné cette saison ?

Cette saison, le trophée du meilleur joueur de Premier League oppose la force du collectif d’un côté et la performance individuelle de l’autre. Jordan Henderson et Sadio Mané, récents champions d’Angleterre, ont brillé à l’image de leur équipe tout au long de la saison, à tel point que tous les joueurs de Liverpool ou presque auraient pu faire partie des trois finalistes. Il n’aurait pas été injuste de voir trois joueurs des Reds se disputer ce titre tant les pensionnaires d’Anfield ont marché sur ce championnat.

Mais c’est sans compter sur celui qui est sans doute actuellement le meilleur milieu de terrain au monde : Kevin De Bruyne. Si Manchester City a déçu cette année, perdant rapidement toute illusion d’être champion, le Belge sort du lot en ayant réalisé encore une grande saison. Alors que le lauréat sera annoncé demain, analysons les saisons de ces trois joueurs.

Jordan Henderson : capitaine infatigable

Celui qui porte le brassard de Liverpool depuis le départ de Steven Gerrard, a pu cette année soulever le trophée que les supporters attendaient depuis 30 ans : la Premier League. Jordan Henderson, 30 ans, vient de réaliser sa meilleure saison en tant que footballeur. Le capitaine des Reds aura été l’âme de cette équipe et un leader exemplaire tout au long de la saison. Pourtant il endosse déjà ce rôle depuis plusieurs saisons, alors pourquoi l’envisager seulement cette année pour le titre ? Qu’est-ce qui a changé ?

Cette saison, Jordan Henderson aura dépassé l’image du capitaine bagarreur pour devenir un joueur plus complet, notamment offensivement. Avec quatre buts et cinq passes décisives, il réalise sa saison la plus prolifique chez les Reds. Grâce à un Fabinho très solide défensivement, Henderson a pu réaliser des dépassements de fonction qu’il n’effectuait que très peu les précédentes saisons. On pense notamment au match aller face à Chelsea où il a débordé et dribblé sur l’aile droite avant de donner un magnifique centre à Mané. Cette saison, c’est aussi 20 centres de plus que l’an dernier, plus de tirs, de ballons touchés, de passes longues et neuf grosses occasions créées contre seulement deux l’an dernier. Plus généralement, c’est son attitude balle au pied qui a changé. Ces derniers mois l’auront certainement fait entrer dans une autre dimension.

Sadio Mané toujours au top

C’est curieux de voir comment Liverpool a été encore meilleur cette saison alors que ses joueurs offensifs ont moins marqué que la saison dernière. C’est précisément comme cela qu’on pourrait décrire la saison de Sadio Mané : moins de buts, 17 contre 22 l’an dernier, mais pourtant une saison encore plus aboutie. Comment expliquer ce phénomène ? Sans doute parce que c’est toute l’équipe qui a progressé, mais aussi parce que le Sénégalais a su évoluer dans son jeu et devenir plus collectif.

Cela s’observe d’abord par une statistique évidente : sept passes décisives, contre une seule l’an dernier. Il avait déjà atteint ce total lors de la saison 2017-2018 mais sans être aussi décisif face au but (seulement 10 buts). Cette année il aura aussi créé plus de grosses occasions (10 contre 7) et réalisé davantage de centres (49 contre 39). On peut tout de même lui reprocher une chose cette saison : son inefficacité devant le but puisqu’il a raté 18 grosses occasions. Cela reste minime tant l’impression générale dégagée par Mané cette saison est remarquable : rapide balle au pied, appels tranchants en contre-attaque, meilleure qualité de centre, de passe et beaucoup d’efforts défensifs. Encore une fois, Sadio Mané prouve qu’il fait partie des meilleurs ailiers du monde.

Kevin De Bruyne, pour vous servir

Il part favori pour devenir le meilleur joueur de Premier League 2019-2020 et c’est tout sauf une surprise. Cette saison encore, le génie belge aura éclaboussé le championnat de sa classe. Avec Manchester City, il aura été l’un des seuls à évoluer à son meilleur niveau (avec Mahrez et Sterling) tout au long du championnat, avec à la clé 11 buts mais surtout 19 passes décisives. Il lui reste d’ailleurs un match pour égaler ou battre le record de Thierry Henry de 20 passes décisives lors de la même saison. C’est la troisième fois qu’il finit meilleur passeur du championnat après 2016-2017 et 2017-2018.

Plus qu’un simple passeur, De Bruyne est la plaque tournante de cette équipe. Quand il est dans un grand jour, ce qui arrive souvent, City est imbattable. En Premier League il est le joueur qui crée le plus de grosses occasions (32) et qui distribue le plus de passes clés (30). A City, c’est le joueur qui effectue le plus de centres (295) avec un pourcentage de réussite de 24% (en comparaison, Trent Alexander-Arnold est à 21%). Il est aussi capable de débloquer des situations avec des frappes de loin ou des coups-francs. C’est le joueur complet par excellence et sûrement le meilleur à son poste aujourd’hui.

On saura demain qui de Jordan Henderson, Sadio Mané ou Kevin De Bruyne succédera à Virgil Van Dijk et sera élu meilleur joueur PFA de Premier League.

crédit photo : Twitter Sky Sports

L’ascension fulgurante de l’Istanbul Basaksehir

Depuis dimanche, l’Istanbul Basaksehir est officiellement champion grâce à sa victoire 1-0. C’est le premier titre de champion de Turquie pour ce jeune club fondé en 1990. Ce titre est le résultat d’une ascension spectaculaire, notamment dans les années 2010. Retour sur la saison et l’histoire un peu particulière de ce club pas comme les autres.

Nous sommes à la dix-huitième minute de jeu, Gaël Clichy réalise un une-deux avec Eljero Elia au milieu du terrain qui élimine trois joueurs. Le Français remise ensuite sur Demba Ba qui va fixer la défense centrale avant de lui remettre sur la gauche de la surface. Le latéral gauche préfère jouer intelligemment en retrait pour son milieu de terrain Mahmut Tekdemir. D’un plat du pied au premier poteau, le numéro 21 ouvre le score. Ce seul but permettra à l’Istanbul Basaksehir d’être sacré champion de Turquie 72 minutes plus tard, pour la première fois de son histoire, 30 ans seulement après sa création.

Ce titre vient récompenser une équipe qui, sans être flamboyante, aura été la plus régulière de ce championnat turc édition 2019-2020. Toutefois on ne peut pas vraiment dire que c’est une surprise de voir le club stambouliote remporter le championnat cette année, tant le club a évolué ces dernières années. Depuis quelques saisons, l’Istanbul Basaksehir s’est imposé comme un des meilleurs clubs du pays. Comment expliquer ce phénomène ?

Le petit poucet d’Istanbul

Dans un championnat turc plus connu pour ses ambiances folles que pour son niveau de jeu, l’Istanbul Basaksehir fait figure d’exception. Le club doit ses apparences modestes à ses origines : en 1990, c’est la ville d’Istanbul qui crée le club d’Istanbul Büyükşehir Belediyesi Spor Kulübü, Belediyesi signifiant mairie en Turc. En 1993, le club accède pour la première fois à la seconde division turque, qu’il va occuper pendant 14 saisons avant d’accéder pour la première fois à la Super Lig en 2007. Entre 2007 et 2012, le club occupe le milieu de tableau, sans faire beaucoup de bruit. Puis en 2013, le club redescend en deuxième division, où il finira champion et remontera en première. C’est à ce moment, à l’été 2014 que le club change de dimension.

La mairie décide de se séparer du club afin d’enclencher le processus de rachat. Un rachat qui va faire entrer le club dans une nouvelle ère très fructueuse en matière de résultat, mais aussi très contestée. La raison ? le club est racheté par des proches du parti de l’AKP, celui du président Recep Tayip Erdogan. Le club, parfois nommé Erdogan Football Club, change de logo, se voit construire un nouveau stade par Kayon Grup (constructions d’infrastructures étatiques) et est sponsorisé par Medipol (groupe hospitalier privé dirigé par le médecin d’Erdogan).

Ce statut de nouveau riche du championnat turc l’oppose aux trois grands clubs historiques d’Istanbul : Le Besiktas, créé en 1903, le Galatasaray, créé en 1905 et Fenerbahce, créé en 1907. depuis 2000, ces trois clubs avaient raflé presque tous les championnats turcs (seul Burzaspor a réussi à décrocher un titre en 2010). C’est une opposition qu’on remarque en premier lieu dans les stades. Là où les trois grands clubs ont des grands stades (respectivement, 41 000, 52 000 et 50 000 places) et un public fervent (parfois trop), l’Istanbul Basaksehir se contente d’un petit stade (17800 places) et d’un public « recyclé », c’est-à-dire des supporters qui ont fui les ambiances parfois trop violentes des autres clubs stambouliotes. Une image qui colle à la peau du club mais qui ne l’empêche pas de grandir.

Un projet ambitieux mais pas révolutionnaire

Ce titre de 2020 ne sort pas de nulle part. Dès le rachat en 2014, l’Istanbul Basaksehir affiche ses ambitions en recrutant Abdullah Avci, ancien sélectionneur de la Turquie. Depuis, le club est devenu une place forte du championnat : quatrième lors des saisons 2014-2015 et 2015-2016, puis deuxième en 2016-2017, troisième en 2017-2018, à nouveau second en 2018-2019 et enfin champion cette année. Pourtant sa stratégie sportive n’a rien de vraiment extraordinaire.

À l’image du championnat turc, et grâce à l’argent du rachat, Basaksehir va se calquer sur ce qui se fait de mieux en Super Lig : aller chercher des joueurs du top 5 européens en manque de temps de jeu. Signent donc des anciennes stars comme Robinho ou Adebayor et d’autres noms bien connus comme Inler, Clichy, Demba Ba ou Martin Skrtel. Dans les joueurs ayant disputé au moins 20 rencontres toute compétition confondue, seuls trois joueurs avaient moins de 27 ans, dont Enzo Crivelli, l’ancien Caennais (11 buts en championnat). L’âge moyen de l’effectif est de 31,22 ans. Cette manière de faire s’adapte parfaitement à un championnat qui compte beaucoup sur les stars étrangères pour avoir de la visibilité et de la même manière que ça a marché pour les autres clubs stambouliotes, Basaksehir a su en profiter pour tirer son épingle du jeu.

A l’image d’autres grands clubs turcs, Basaksehir se tourne vers d’anciennes stars pour se donner de la visibilité

saison 2019-2020 : l’aboutissement d’un projet

Une stratégie payante donc pour l’Istanbul Basaksehir puisqu’ils sont désormais champions de Turquie. Rien n’aura été facile dans cette saison si particulière, mais en y regardant, ça n’aura pas été si difficile. C’était mal parti avec deux défaites lors des deux premiers matchs, contre Malatyaspor mais surtout contre un concurrent, Fernebahce. L’équipe désormais entraînée par Buruk Okan doit attendre la troisième journée pour enfin décrocher un succès. Après cinq journées, le club est seulement 12ème, à sept points du leader. Mais ils vont bien réagir, avec une série de 16 matchs sans défaites entre la 3ème et la 18ème journée, dont 10 victoires. À mi-championnat, ils sont deuxièmes à quatre points du leader.

Après une deuxième défaite face à Fenerbahce, ils ne perdront plus un match jusqu’à l’interruption du championnat lors de la 26ème journée. Ils sont au coude à coude avec Trabzonspor en tête et comptent trois points d’avance sur Galatasaray. Après la pause due au Covid-19, Basaksehir revient en forme et fait la différence sur ses concurrents qui lâchent du lest. Avec cinq victoires en sept matchs, l’autre club d’Istanbul s’offre le titre lors de l’avant-dernière journée.

Si on ne peut pas parler d’exploit pour décrire ce titre, c’est surtout au vu de la concurrence des autres cadors de ce championnat. Notamment les trois géants stambouliotes qui ont grandement déçu cette saison. Besiktas est quatrième, à 10 points, Galatasaray cinquième à 14 points et Fenerbahce, qui aura pourtant battu deux fois Basaksehir cette saison, n’est que septième à 19 points, un fossé par rapport aux standards du club.

Ce titre, presque logique, vient confirmer les ambitions et les bons résultats du club sur ces dernières saisons. Leur année n’est toutefois pas terminée puisqu’il y a un huitième de finale retour à jouer contre Copenhague en Ligue Europa. Ils s’étaient imposés 1-0 à l’aller. Les quarts de finale se profilent et pourquoi pas plus pour un club qui jouera pour la première fois la Ligue des Champions l’an prochain.

crédit photo : twitter Istanbul Basaksehir

Episode 3 – Quels sont les clubs ayant profité de l’interruption des championnats ?

Après trois mois d’interruption à cause de la crise du coronavirus, les équipes de Liga, de Premier League et de Serie A ont pu reprendre la direction des terrains, respectivement les 11, 17 et 20 juin. Environ un mois plus tard, peut-on dire que la pause due au Covid-19 a changé les dynamiques de ces championnats ? Quels clubs ont profité de ce break et au contraire, quelles équipes ont souffert de cette coupure ? Pour ce dernier épisode, direction l’Italie avec la Serie A.

En mars, l’Italie est le pays le plus sévèrement touché par le coronavirus. C’est donc sans surprise que son championnat de football doit se mettre en pause le 9 mars. On reste donc sur un Sassuolo – Brescia qui se termine sur le score de 3-0. A ce moment, rien n’est encore joué en Serie A et il y a du suspens à tous les étages. En tête on retrouve la Juventus évidemment, mais le championnat est loin d’être acquis tant le niveau de jeu de la Vieille Dame inquiète sous Sarri. Ils restent tout de même sur une victoire très importante contre l’Inter de Milan (2-0). Derrière, ça pousse avec notamment la Lazio, à seulement un point, avec une meilleure attaque et une meilleure défense. L’Inter, qui a longtemps occupé la tête du championnat est à neuf points mais avec un match en moins (la 25ème journée avait été interrompue). Enfin la flamboyante Atalanta (meilleure attaque du championnat) qui reste sur quatre victoires consécutives a encore son mot à dire, sachant qu’elle compte elle aussi un match en moins. Elle semble quand même trop loin pour espérer le titre.

Derrière ce quatuor, l’AS Rome peut encore espérer la Ligue des Champions, mais l’équipe de Paulo Fonseca a beaucoup de mal à enchaîner les bonnes performances cette saison. Ils restent sur 3 défaites et 2 victoires lors des cinq derniers matchs. Derrière, l’AC Milan voir même l’Hellas Verone, qui fait une bonne saison, se battront jusqu’à la fin pour obtenir leur billet pour la Ligue Europa. Naples, vainqueur de la coupe d’Italie, est d’ores et déjà qualifiée pour la Ligue Europa. Pour la Ligue des champions, ce sera plus compliqué voire mission impossible. Pour le maintien, ça se jouera sans doute entre Lecce et les deux clubs de Gênes (Genoa et Sampdoria). Pour Brescia et la SPAL en revanche, ça sent bon (ou plutôt mauvais) la Serie B.

La Juve encore et toujours

Le premier grand gagnant de cette reprise, c’est la Juventus de Turin. C’est paradoxal quand on regarde ses derniers résultats : défaite 4-2 contre le Milan, match nul face à l’Atalanta et Sassuolo. Pourtant, les Bianconeri comptent aujourd’hui six points d’avance sur son dauphin, l’Inter de Milan. Attention tout de même, parce qu’avec cinq matchs encore à jouer, la Juventus n’est pas à l’abri, surtout qu’elle affronte la Lazio lors de la prochaine journée, ainsi que l’AS Rome lors de la dernière. Elle pourra compter sur un Cristiano Ronaldo en forme, avec sept buts en autant de matchs depuis la reprise. Le portugais vise d’ailleurs le prix de capocanoniere (meilleur buteur), il compte un but de moins que Ciro Immobile de la Lazio.

Si la Juventus ressort autant gagnante de cette reprise du championnat, c’est peut-être finalement grâce à ses concurrents directs. Surtout la Lazio, qui avant la pause, était à un point de la Juve et semblait en mesure d’aller chercher le titre. Cette saison, ils avaient d’ailleurs battu deux fois la Vieille dame (en championnat et en supercoupe), à chaque fois sur le score de 3-1. Mais depuis la reprise cette équipe n’est que l’ombre d’elle même : seulement deux victoires pour quatre défaites et un match nul. Les voilà relégués à la quatrième place avec huit points de retard sur la Juve.

Cette méforme de la Lazio a profité à l’Inter, qui connaissait un petit coup de mou avant l’interruption (deux défaites sur les cinq derniers matchs). Les Nerazzuri en ont profité pour reprendre la deuxième place. Mais depuis la reprise on ne peut pas dire qu’ils aient totalement profité de la petite méforme de la Juve. Avec deux défaites, dont une largement évitable face à Bologne, ils restent à distance du leader avec un calendrier très compliqué. Sur les cinq derniers matchs, ils affronteront l’AS Rome, Naples et l’Atalanta Bergame.

Le club de Bergame est l’équipe la plus en forme du championnat, avec 28 points pris sur 30 possibles lors des dix derniers matchs. Alors qu’ils comptaient 15 points de retard sur la Juve avant la reprise, ils ne sont plus qu’à sept points. Ils auraient même pu faire mieux après leur grand match face aux Bianconeri, qui s’est finalement soldé par un match nul 2-2. Encore une victoire et la meilleure attaque du championnat (93 buts) sera sûre de disputer à nouveau la Ligue des Champions l’an prochain.

QUI ira directement en ligue europa ?

Sauf énorme surprise, ce sont donc la Juve, l’Inter, l’Atalanta et la Lazio qui iront en Ligue des Champions. Il reste donc deux place pour la Ligue Europa à aller chercher : la cinquième place qualifie directement et la sixième (ou septième, cela dépendra du classement de Naples) enverra l’équipe aux tours préliminaires. deux clubs vont batailler jusqu’à la fin pour sauver leurs saisons en demi-teinte : L’AS Rome et l’AC Milan. Pour la Louve, c’est une déception, puisqu’elle pouvait encore espérer accrocher le wagon pour la Ligue des Champions, mais même après la reprise, elle s’est montrée trop irrégulière avec quatre victoires et trois défaites. Alors qu’elle comptait six points d’avance sur Naples et neuf sur Milan avant la pause, elle n’a plus quatre points d’avance sur ses deux concurrents.

Les Rossoneri sont les plus en forme des trois avec cinq victoires et deux nuls en sept matchs, dont trois très importantes contre la Roma justement, mais aussi la Lazio et la Juve sur des gros scores (3-0 et 4-2). Il leur reste un gros choc face à l’Atalanta mais à part cela, le calendrier est plutôt abordable pour l’AC Milan. Attention tout de même à Sassuolo qui est en bonne forme. De son côté, Naples n’a pas réussi un retour flamboyant, avec quatre victoires, deux nuls (dont un face au Milan) et une défaite, mais l’équipe de Gattuso, en remportant la coupe d’Italie aux dépens de la Juve, s’est assurée de disputer la Ligue Europa l’an prochain. En Décembre dernier l’équipe était en crise après que les joueurs aient refusé une mise au vert imposée par leur président. La Ligue Europa sera une maigre consolation pour une équipe qui a pris l’habitude de jouer la Ligue des Champions tous les ans. L’Hellas Vérone et Parme, qui pouvaient encore faire partie de cette bataille pour l’Europe, se sont complètement effondrés.

les Rossoneri sont revenus en grande forme depuis la reprise.

Lecce peut encore espérer le maintien

En bas du classement, on note tout d’abord l’excellent retour de la Sampdoria, qui flirtait avant la zone rouge et qui compte désormais neuf point d’avance sur le premier relégable Lecce. Torino et l’Udinese, également en mauvaise posture ont également pris leur distance. Cela donne donc un match entre le Genoa, 30 points et Lecce, 29 points. Depuis la reprise, le Genoa compte un match nul de plus que son concurrent direct, mais tout reste à faire. Les deux clubs s’affronteront dimanche pour le compte de la 34ème journée. Un match décisif donc pour les deux équipes, mais pas encore une « finale » puisqu’il restera encore quatre matchs ensuite. Lecce a le calendrier le plus favorable puisqu’ils n’affronteront aucune équipe au-dessus de la 10ème place, tandis que le Genoa affrontera l’Inter, Sassuolo et L’Hellas lors des trois derniers matchs. Ils auront aussi à affronter la Sampdoria dans le derby de Gênes. A ce niveau-là donc avantage Lecce. Mais rien n’est joué pour autant.

Ce n’est pas encore officiel mais on connaît déjà sûrement les deux premiers relégués en Serie B, à savoir Brescia et la SPAL. Depuis la reprise, c’est cinq points pris pour les premiers et seulement un seul pour le second. C’est trop peu pour espérer se maintenir. Seul un miracle pourrait les sauver.

la claque reçue face à l’Atalanta condamne presque le club lombard

L’interruption due au coronavirus aura donc largement influencé cette saison de Serie A. Rien n’est encore joué pour le titre même si la Juventus a désormais une avance importante. La Lazio s’est écroulée dans cette course, au contraire de l’Atalanta qui est revenue encore plus forte. Le suspens reste entier pour le maintien. Voilà donc la fin de notre série sur comment la pause covid-19 a relancé les championnats européens, faisant évolué en bien ou en mal le destin de certains clubs.

crédit photo : Roman Mirtain

Épisode 2 – Quels sont les clubs ayant profité de l’interruption des championnats ?

Après trois mois d’interruption à cause de la crise du coronavirus, les équipes de Liga, de Premier League et de Serie A ont pu reprendre la direction des terrains, respectivement les 11, 17 et 20 juin. Environ un mois plus tard, peut-on dire que la pause due au Covid-19 a changé les dynamiques de ces championnats ? Quels clubs ont profité de ce break et au contraire, quelles équipes ont souffert de cette coupure ? Pour ce deuxième épisode, direction Outre-Manche avec la Premier League.

On avait quitté la Premier League le 9 mars avec un Leicester-Aston Villa largement à l’avantage des Foxes (4-0). À cet instant Liverpool plane sur le championnat avec 22 points d’avance sur Manchester City. Puis le coronavirus est arrivé et avec lui beaucoup d’incertitudes : Liverpool se verra-t-il refuser un titre qui lui tend les bras, après 30 ans de disette ? Finalement la Premier League peut reprendre. Les Reds sont évidemment intouchables mais cette fin de saison n’est pas dénuée de suspens. Avec encore neuf matchs à jouer, la bataille pour les places européennes s’annonce rude. Si Manchester City et Leicester ont déjà un peu d’avance sur leurs concurrents, six équipes se tiennent encore en huit points (voir classement ci-dessous). On le sait bien en Premier League, tout peut aller très vite.

L’autre gros enjeu de cette fin de saison, c’est évidemment la lutte pour le maintien. Au soir de la 29ème journée, Brighton, 15ème, n’a que deux points d’avance sur Bournemouth, 18ème, et trois sur Aston Villa, 19ème. En revanche pour la lanterne rouge Norwich, le maintien semble inaccessible et un an après leur montée, ils retourneront probablement en Championship l’an prochain, même si ce sport peut nous réserver bien des surprises. Alors un mois après la reprise, où en est-on ? Réponse tout de suite.

Liverpool 30 ans après

30 ans qu’Anfield attendait ça, et il devra attendre encore un peu pour le célébrer réellement, mais enfin Liverpool est champion d’Angleterre. Après les échecs de 2002, 2009, 2014 et 2019, les Reds ont enfin décroché le graal, et ce dès la 31ème journée. Un titre amplement mérité tant ils ont marché sur la premier league (30 victoires en 36 matchs). Depuis la reprise, Liverpool a eu du mal à être la machine de guerre qu’il était avant l’interruption mais peu importe. Cette fin de saison ressemble plus à un jubilé pour l’équipe de Jurgen Klopp, qui a tant donné pour enfin accrocher ce titre.

Et si Liverpool a tant marché sur l’eau cette année, c’est aussi parce que son plus grand concurrent, Manchester City, a vite lâché l’affaire. Un coup de moins bien pour les Skyblues après deux saisons phénoménales (100 puis 98 points), on peut le comprendre. C’est d’ailleurs leurs défaites contre Chelsea (2-1) lors de la 31ème journée qui a offert le titre aux Reds. Avant la reprise, Man City comptait sept points d’avance sur Leicester. Il s’agissait donc pour eux d’assurer cette deuxième place, ce qu’ils ont fait assez facilement, malgré déjà deux défaites contre Chelsea et Southampton. Le réel enjeu pour City, c’était le rendez-vous lundi dernier devant le TAS pour savoir s’ils pourront oui ou non jouer la Ligue des Champions. La réponse est donc oui puisque la décision de l’UEFA a été invalidée. Conséquence : la cinquième place n’est donc pas qualificative pour la Ligue des Champions, ce qui a une grande importance pour les autres équipes en course.

Qui pour rejoindre Liverpool et Man City en Ligue des Champions ?

Derrière le duo Liverpool – Man City, il reste encore deux places à aller chercher. Au moment de la reprise, Leicester et Chelsea étaient en bonne posture mais Manchester United revenait peu à peu dans la course, avec un Bruno Fernandes en feu. Suivent les deux bonnes surprises de la saison, Sheffield et Wolverhampton. Un peu plus loin mais à ne pas oublier, Tottenham et Arsenal peuvent finir fort. Alors à trois journées de la fin où en est-on ?

Deux équipes sortent gagnantes depuis le reprise du championnat. Le premier est Chelsea. Même si les blues étaient déjà quatrième avant la pause, et donc en bonne position pour la Ligue des Champions, ils sont revenus en bonne forme et occupent désormais la troisième place, avec certes un match en plus que Manchester United et Leicester, mais avec quatre points d’avance sur ses deux poursuivants. Avec cinq victoires en sept matchs, dont une belle victoire face à Man City, Chelsea est la deuxième meilleure équipe depuis la reprise derrière MU. Justement l’équipe de Paul Pogba a réussi à surfer sur sa bonne forme malgré la pause, voire mieux, et le retour du Français y est pour quelque chose. Son association avec Bruno Fernandes a tenu ses promesses.

le duo Pogba-Fernandes est essentiel pour la fin de saison de MU

En revanche pour Leicester l’interruption n’a pas été bénéfique. Les Foxes, qui réalisaient une excellente saison, avaient déjà perdu de leur superbe depuis 2020. Mais la reprise a accentué cette tendance puisque les Foxes n’ont pris que six points en six matchs. Ils sont désormais quatrième à égalité avec MU cinquième. Le programme est chargé puisqu’ils affronteront Sheffield, Tottenham et … Manchester United lors de la dernière journée. Ce match aura des allures de finale pour la Ligue des Champions. Pour Arsenal et Tottenham en revanche, la Ligue des Champions ne sera sans surprise pas au rendez-vous la saison prochaine. Les deux clubs du Nord de Londres n’ont pas su enchaîner les bons résultats pour espérer revenir sur les autres membres du big six. Leurs victoires hier face à Liverpool et Newcastle leur permet toutefois encore d’espérer.

Pire encore, ils pourraient ne même pas accrocher la Ligue Europa pusique Sheffield et Wolverhampton, les deux bonnes surprises de cette saison sont en bonne posture même s’il leur reste un gros match chacun : Leicester pour Sheffield lors de la 36ème journée et Chelsea pour les Wolves lors de la 38ème.

Qui rejoindra Norwich en Championship ?

Brighton, qui avait seulement deux points d’avance sur la zone rouge avant la reprise, a réussi à se mettre à l’abri grâce à deux victoires importantes, dont une contre Arsenal. West Ham et Watford sont toujours 16ème et 17ème, mais ont maintenant trois points d’avance sur Bournemouth avec un match en moins. Les cherries ont peut-être abandonné toute chance de maintien hier après la défaite 2-1 face à Manchester City. Autant dire que c’est mal engagé pour les cherries, même si Watford, qui doit aussi affronter Man City mais aussi Arsenal devra assurer s’il ne veut pas les voir revenir. Pour Aston Villa, qui compte quatre points de retard, la reprise n’a pas changé beaucoup de choses. Avec une seule victoire sur les six derniers matchs, la tâche s’annonce très compliquée. Alors, qui pour accompagner Norwich en deuxième division l’an prochain ?

C’est moins visible qu’en Liga, mais la pause due au covid-19 a changé certaines choses en Premier League. Plusieurs questions sont encore en suspend alors qu’il reste trois journées à venir. Demain, ce sera notre dernier épisode avec la Serie A.

crédit photo : Roman Mirtain

Football : le Barça peut-il déjà dire au revoir à la Liga ?

À cinq journées de la fin du championnat espagnol, le titre s’éloigne de plus en plus pour le club catalan. Un FC Barcelone en crise, qui se retrouve à 4 points derrière le leader actuel.

Victorieux (1-0) jeudi soir face à Getafe, sur un penalty du capitaine Sergio Ramos à la 79ème minute, Le Real Madrid prend le large dans la course au titre. Avec ses 4 points d’avance sur son dauphin catalan, le Real de Zinédine Zidane est en bonne position pour aller chercher sa troisième Liga sur ces dix dernières années. A l’instar du club madrilène, le FC Barcelone est en méforme et a lâché des points cruciaux lors de ses dernières rencontres. La possibilité de les voir conserver leur titre de champion d’Espagne pour la troisième année consécutive semble compliqué.

Un prochain déplacement difficile

A l’occasion de la 34ème journée de championnat, les Barcelonais se déplaceront sur la pelouse de Villarreal, actuel 5ème. Seule la victoire est autorisée pour le club de la Catalogne pour continuer à rêver du titre. Néanmoins cette rencontre sera très difficile car Villarreal reste sur six matchs sans défaites et espère jouer la Ligue des Champions la saison prochaine.

Les Madrilènes plus confiant, avec six victoires consécutives depuis la reprise de la Liga, ont eux aussi un déplacement compliqué face à l’Athletic Bilbao. Les Basques, actuel 8ème, viennent d’enchaîner deux victoires et ont mis à mal Barcelone au Camp Nou le 23 juin dernier, malgré la défaite (1-0). Le prochain match du FC Barcelone est une étape décisive pour sortir la tête de l’eau.

Un Barça désorganisé

En plus des mauvais résultats avec deux matchs nuls consécutifs, le Barça traverse une phase difficile. Le cas Antoine Griezmann divise à nouveau le vestiaire et le coach Quique Setién. Le champion du monde 2018 a été sur le banc lors des deux dernières rencontres et n’est rentré qu’à la 90ème minute contre son ancien club, l’Atlético Madrid mardi dernier. Une situation qui dérange le joueur et son entourage.

Quique Setién, ancien entraîneur du Bétis Séville, arrivé au cours de la saison suite au licenciement d’Ernesto Valverde en janvier dernier, n’a pas toute la confiance de ses joueurs et de la direction. Malgré son contrat de deux ans et demi, ce dernier pourrait quitter la Catalogne à la fin de cette saison 2019-2020.

Pour couronner le tout, l’homme à tout faire du Barça depuis des années, Léo Messi, menace également de quitter le club à la fin de son contrat en 2021, d’après des sources espagnoles. L’Argentin de 33 ans se dit en avoir marre d’être tenu responsable de tous les problèmes du club.

Après le fameux « Barça Gate », le club catalan n’est toujours pas débarrassé de ses problèmes internes, qui ne favorisent pas son succès. Les prochaines journées vont être importantes. Néanmoins, il est difficile d’imaginer les Barcelonais remporter le championnat, à moins que les Madrilènes qui sont dans une excellente forme, fassent quelques faux pas. Le FC Barcelone a donc du soucis à se faire pour le reste de la saison 2019-2020.

Crédit photo : Holakram

C’est parti pour le Tour de France… virtuel !

Le Tour de France 2020, qui devait s’élancer le week-end dernier à Nice, débutera finalement le 29 août. En attendant, les patrons de la grande boucle ont décidé d’organiser le premier Tour de France virtuel. La course, qui commence aujourd’hui, s’étendra sur trois week-ends et comptera six étapes. Plusieurs grands noms participent à ce Tour pas comme les autres, depuis leur home trainer.

« Nous n’imaginions pas un mois de juillet sans cyclisme, et encore moins sans Tour de France. Il fallait faire quelque chose » a déclaré Julien Goupil, directeur du département des médias chez ASO, l’organisateur du Tour de France. Dans la lignée des derniers mois, c’est donc en e-sport que va se courir ce Tour, en attendant la vraie course. Pour cette course ASO est en partenariat avec ZWIFT, un programme d’entraînement virtuel qui permet aux sportifs amateurs de venir se frotter aux cyclistes professionnels (pour les étapes 2, 4 et 5). Pour les autres fans de vélo, l’événement sera retransmis en direct sur le replay de France Télévisions.

Le premier TDF virtuel débute à 15h

Les stars répondent présentes

Au programme, six étapes d’environ une heure chacune, loin des standards habituels de la course. L’étape la plus difficile, promise aux grimpeurs, aura lieu le samedi 18 juillet avec l’équivalent d’un col de première catégorie et une arrivée au Chalet-Reynard sur les pentes du Mont Ventoux ( 1200 mètres de dénivelé positive ). Les deux premières étapes rappelleront la moyenne montagne de l’arrière-pays niçois. La troisième sera plate, idéale pour les sprinteurs, tandis que la quatrième sera vallonnée. Enfin, on aura droit le dernier jour à la traditionnelle étape des Champs-Elysées.

Au total 23 équipes professionnelles masculines et 16 équipes féminines prendront le départ de ce Tour de France avec quelques grands noms à l’affiche. Côté Français on retrouvera notamment Julian Alaphilippe, Romain Bardet ou Warren Barguil. Pour ce qui est des autres stars, on comptera Christopher Froome, Egan Bernal, Richie Porte, Nairo Quintana … un casting cinq étoiles. Du beau monde chez les femmes aussi puisque Chloé Dygert, Anna van der Breggen, Chantal Blaak ou encore Marianne Vos seront présentes.

Une course pour la bonne cause

Ce Tour de France virtuel n’a pas pour seul but de revoir un maillot jaune au mois de juillet. En réponse à la crise sanitaire et économique du coronavirus, ASO lance l’opération de Tour de France solidaire qui se tiendra jusqu’à la fin du vrai Tour en Septembre. Cette opération consiste à venir en aide à cinq associations : Emmaüs, Le secours populaire français, Jeugdfonds Sport & Culture, BiJeWa, et Qhubeka. Tous les profits liés à la course virtuelle seront directement reversés à ces associations. Les organisateurs s’engagent également à leur offrir 1500 vélos neufs. Les fans pourront aussi donner des vélos à restaurer. Pour chaque vélo récupéré, 30 euros seront reversés à ces mêmes associations.

Ce Tour de France virtuel, en plus d’être une action solidaire, fera office de petite répétition générale avant la vraie course que le monde du cyclisme attend avec impatience.

Crédit photo : Nicolas DUPREY/ CD 78

Mathias Biabiany (escrime) : « Nous avons eu le sentiment de ne pas être abandonnés »

À 25 ans, l’escrimeur Mathias Biabiany s’inscrit dans cette jeune génération de sportifs français qui rêvaient de pouvoir aller cet été à Tokyo, pour y disputer les Jeux Olympiques. Malheureusement, la pandémie de Covid-19 a mis à terre le sport mondial et décalé la plus prestigieuse des compétitions sportives à l’année prochaine.

C’est dans sa Guadeloupe natale, que l’épéiste du club d’Escrime Rodez Aveyron, a passé son confinement. L’année 2020 devait être celle de la reprise pour lui après une grave blessure au genou survenue deux ans auparavant. Mathias Biabiany raconte pour CAQS comment il a vécu le confinement, le retour à l’INSEP (Institut National du Sport et de l’Expertise et de la Performance) et nous livre son regard sur le sport dans les Antilles.

Vous êtes rentré en Guadeloupe pendant le confinement, pouvez vous nous parler de votre ressenti vis à vis de la crise sur place ?

Mathias Biabiany : Le confinement s’est bien passé pour moi. J’ai eu la chance de pouvoir rentrer en Guadeloupe avant l’annonce du Président. J’avais de la place car j’étais chez mes parents, même si ma mère passait du temps à l’hôpital (elle est infirmière), j’en profitais pour partager de précieux moments avec mon père. Comme il faisait partie de la population à risque, c’est moi qui me chargeais de toutes les tâches à l’extérieur. Cela faisait 10 ans, depuis que j’étais parti en métropole, que je n’étais pas resté autant de temps avec eux.

Le sport mondial était arrêté, mais vous avez continuez vos entraînements. C’était une volonté personnelle de maintenir la forme ou alors des consignes de la Fédération Française d’Escrime ?

MB:  Nous avons eu un contact avec nos entraîneurs au début du confinement, la DTN nous envoyait régulièrement des mails pour savoir comment nous, athlètes, nous nous portions. On a vraiment eu ce sentiment de ne pas être abandonné. La seule chose pour laquelle nous étions un peu livrés à nous-même, c’était sur la question de la préparation physique au début mais ils nous ont rapidement envoyé des programmes sportifs quotidiens. On organisait des visioconférences et je faisais chaque semaine des bilans avec Anne-Laure Morigny, ma préparatrice physique à l’INSEP.

Avant le début de la crise vous aviez fait quelques tournois (Allemagne, Qatar), les premiers après votre rupture partielle du tendon rotulien. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

MB : C’était un vrai plaisir pour moi de recommencer les compétitions. Mais cette période « test »  a été un peu écourtée car peu après j’ai ressenti de nouvelles douleurs au genou. Personnellement cet arrêt des compétitions m’a aidé, j’ai ainsi pu mieux m’entrainer et m’améliorer physiquement et mentalement.

Vous êtes revenu à l’INSEP le 5 juin, comment s’est passé un tel retour ?

MB : Cela a été un petit retour car tout le groupe n’était pas revenu. Au tout début nous étions que cinq garçons. Mais cela a été super interessant car notre reprise a été individualisée. Nous avons pu mettre en place avec le Service Médical et le Service de Réathlétisation de l’INSEP des tests physiques et psychologiques. On peut donc repartir sur une base de données très solides et plus complètes qu’avant. J’ai pu ainsi en apprendre plus sur ma morphologie et mes capacités.

Votre coéquipière Cécilia Berder évoquait la nouvelle façon de travailler la semaine dernière, avec de nouveaux test, ce qui lui a permis de « redevenir athlète », c’est aussi votre point de vue ?

MB : C’est exactement ça. Pour nous, trois mois sans sport c’est impossible. En vingt ans de carrière, cela ne m’était jamais arrivé. Il faut revenir et apprécier le goût de l’effort. Il faut réapprendre à être un athlète de haut niveau, ce qui n’est pas la même chose que pour un sportif normal. Cela m’a permis de redécouvrir ma discipline et mon corps. Nous avons un an, avant les Jeux Olympiques, pour que nous, les athlètes, puissions revenir meilleurs qu’avant.

Depuis le déconfinement, en savez-vous un peu plus sur le calendrier national et international de la FFE ?

MB : Nous attendons les directives gouvernementales car il existe encore des pays où le confinement est encore en place (Brésil) ou des régions encore très touchées par la pandémie, comme en Italie et Espagne. Mais nous attendons également des directives internationales car à l’heure actuelle, aucune de date officielle n’a été trouvée pour l’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo. Tant que la période ne sera pas précisément définie, la Fédération Internationale d’Escrime et la Fédération Française d’Escrime ne pourront pas mettre en place de programmes de compétitions.

Il y a 10 ans, vous quittiez votre famille et la Guadeloupe pour venir commencer votre carrière en métropole. Est-ce toujours une nécessité de partir pour un jeune athlète antillais ?

MB : Nous avons la chance d’avoir de très bons entraîneurs et formateurs dans nos îles mais nous sommes obligés de partir vers un centre de formation si l’on veut continuer. Il en existe un seul aux Antilles: le CREPS Antilles-Guyanne. Aujourd’hui, par soucis de combativité et de compétitions, les jeunes escrimeurs sont obligés de partir en métropole. Mais je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire sur place, c’est une question de volonté car nous avons les infrastructures. Certaines fédérations comme l’athlétisme retournent en Caraïbes pour s’entraîner depuis longtemps. Nous nous venons juste d’y retourner cette année alors pourquoi ne pas persister ? J’espère qu’un jour les sportifs antillais n’auront plus à se déplacer en métropole pour performer.

Vous êtes alors optimiste pour le sport antillais ?

MB : Tout à fait. Je pense qu’il faut développer davantage la formation sur nos îles et créer d’autres centres d’entraînement de haut niveau. Nous devons accroitre nos structures locales, acquérir un savoir-faire et l’étendre sur le territoire ultra-marin. Environ 80% des athlètes en équipe de France d’escrime sont d’origine antillaise, cela démontre bien que nous avons du talent. En tout cas il y a quelque chose à faire pour que demain nous puissions faire émerger nos futurs jeunes et développer l’escrime aux Antilles.

La Liga : trois joueurs prometteurs à suivre en Espagne

La Liga reprend jeudi 11 août avec le derby sévillan entre le Betis et le FC Seville. Entre Lionel Messi, Eden Hazard ou Antoine Griezmann, cette ligue regorge de stars. Mais des jeunes pépites arrivent à sortir leurs épingles du jeu. Voici notre sélection.

1) Ferran Torres

Torres naît à Foios, près de Valence, le 29 février 2000. Il rejoint les rangs du Valence CF dès l’âge de six ans. Il progresse à travers les rangs de l’académie valencienne avant de rejoindre leur équipe B à 16 ans. Ferran Torres aide l’Espagne à atteindre la finale de l’Euro et de la coupe du Monde U17. Santi Denia, son ancien sélectionneur, est très élogieux : « Ferran Torres est un joueur spécial. Son potentiel est énorme, il peut aller jusqu’où il veut. Il a tout ce qu’il faut pour atteindre le top-niveau. C’est un joueur très complet et combatif, mais ce qu’il le démarque des autres, c’est sa vitesse et sa qualité dans les situations d’un contre un. Ce sont des qualités que tous les footballeurs modernes doivent avoir ». Grâce à son succès lors de ces compétitions, il va s’entrainer avec l’équipe première dès ces 17 ans. Sous les ordres de Marcelino, Torres va patienter avant d’obtenir ses premières minutes. Son entraîneur considère qu’il va apprendre autant sur le banc, au contact de joueur expérimenté comme Dani Parejo, qu’en jouant. Cette stratégie est payante. Ferran Torres devient bien plus à l’aise tactiquement pour évolué dans le 4-4-2 de Marcelino. Cela lui permet d’obtenir sa première titularisation, contre l’Athletic Bilbao. Il délivre une passe décisive pour Kondogbia et permet à son équipe d’accrocher le match nul. Lors des deux saisons suivantes, il devient titulaire, malgré la concurrence de Goncalo Guedes et de Carlos Soler. Il s’illustre lors de l’Euro U19 avec l’Espagne. La Rojita s’impose contre le Portugal en finale et Torres marque un doublé. Il obtient le titre de meilleur joueur lors de cette compétition. Cette saison, Ferran Torres impressionne sous les ordres de Celades. Titulaire sur le côté droit de l’attaque, il a déjà marqué six buts et délivré 7 passes décisives. José Gimenez, le directeur de l’académie de Valence, le décrit comme un joueur complet : « Il est puissant, rapide, il a un contrôle de balle parfaite et il est fort dans les airs. Il est imprévisible. Il est très à l’aise avec ces deux pieds. Il peut centrer, et marquer très facilement ».

2) Takefusa Kubo

Le « Messi Japonais » est né le 4 juin 2001 à Kawasaki. À 10 ans, il quitte son pays natal pour rejoindre les rangs de la Massia. Kubo impressionne les recruteurs et ses coéquipiers. Il va marquer 74 buts en 30 matchs chez les U11. Le Japonais domine toutes les catégories de jeunes. Son aventure s’arrête brutalement. Le Tribunal Arbitral du Sport sanctionne Barcelone pour des irrégularités lors de l’inscription de jeunes de moins de 18 ans. Take Kubo est obligé de retourner au Japon, au FC Tokyo. À 16 ans, le jeune prodige est promu en équipe première. Il va alors devenir le plus jeune joueur a joué en J League et le plus jeune buteur de l’histoire de cette compétition. C’est donc un modèle de précocité. Les deux saisons suivantes sont très réussis. Dans un profil très créatif, il dicte le jeu de ses coéquipiers. Au mercato d’hiver 2019, Takefusa Kubo est très demandé. Le PSG, le Real et Barcelone sont notamment sur les rangs de la pépite japonaise. Madrid réussit à l’obtenir pour près de 2 millions d’euros. « J’ai aimé la volonté du Real Madrid au niveau sportif, le plan qu’ils avaient pour moi dans les années à venir, ce qu’ils pensaient faire de moi dans le futur. » explique Kubo. Dès ces premiers entrainements, le Japonais impressionne par des gestes de grandes classes. Cette saison, il est prêté à Majorque. Il a eu des coups d’éclat, notamment lors du match face aux Betis, mais il n’a pas pu empêcher la 18ème place de son équipe en Liga. Son style de jeu se rapproche de celui de Lionel Messi. Gaucher, il tire très bien les coups francs. Il n’est pas spécialement rapide, mais sa technique, sa vivacité et son explosivité sont impressionnants.

3) Mohammed Salisu

Mohammed Salisu est né le 17 avril 1999 à Accra au Ghana. Il est formé par l’African Talent au Ghana avant d’arriver à 18 ans au centre de formation du Real Valladoid. Il passe très peu de temps avec la réserve du club avant d’intégrer l’équipe professionnel. Fran Castaño, l’entraîneur qui l’a découvert, explique :  « Je l’ai trouvé très élégant et il était également gaucher, ce qui est très rare en Afrique. » Salisu va devoir s’adapter au jeu pratiqué en Espagne, très différent de ce qu’il a l’habitude de pratiquer. Cela ne va pas être chose aisée :  « On a vu que tactiquement il lui manquait beaucoup de choses mais il l’a compris facilement et très rapidement, malgré la barrière de la langue. Dès son arrivée, avec deux de mes séances d’entraînement, j’ai vu que cela faisait une différence. » L’arrivée de Sergio Gonzalez à la tête du club va maximiser son potentiel. Cette saison est celle de la confirmation pour le jeune Ghanéen. Titulaire au côté de Kiko Oliveas, il réalise des prestations exemplaires tous les week-ends. Une prestation a impressionné Maxi Franco Sanchez, le correspondant à Madrid de Foot Mercato : « lors de la deuxième journée face au Real Madrid, on voyait qu’il était au-dessus du lot. » Ces prestations n’ont pas laissé indifférent l’Atletico Madrid, et le Real. En France, c’est Rennes qui s’est montré pressant pour le roc ghanéen. Salisu s’inspire d’un français pour son développement, Umtiti :  « Mon idole est Umtiti parce que j’aime la façon dont il joue et au Ghana mes amis m’ont appelé ainsi. Il est très bon avec et sans ballon ». Son avenir s’annonce radieux.

Crédit photo : deportevalenciano.com

Une Ligue 1 à 22, désormais plus que probable ?

C’est officiel, le Conseil d’État vient d’annoncer la suspension des relégations d’Amiens et Toulouse pour la saison à venir. On pourrait donc avoir 22 équipes en Ligue 1 la saison prochaine en prenant compte des montées de Lorient et Lens, les promus.

C’était jusqu’ici qu’une simple hypothèse, mais celle-ci pourrait se transformer en réalité. Le Conseil d’État a certes entériné le classement de la Ligue 1 pour la saison actuelle mais il a également suspendu les relégations d’Amiens et Toulouse. On pourrait ainsi se diriger vers une ligue 1 à 22 clubs dès la saison prochaine. Les deux clubs initialement destinés à rejoindre la Ligue 2 ont évidemment reçu la nouvelle le sourire aux lèvres, et notamment le président de l’ASC Bernard Joannin qui considérait cette relégation comme une « injustice totale » car son club avait « une véritable chance de se sauver. »

En revanche, pas sûr que tout le monde soit favorable à cette initiative. À commencer par le consultant de Canal+ Pierre Ménès qui a manifesté son désarroi sur le réseau social Twitter.

Un impact économique

Une ligue 1 à 22 clubs, c’est 4 matchs supplémentaires par équipe, c’est 42 journées au lieu de 38 actuellement, c’est une densité sportive augmentée, c’est plus de rencontres étalées dans le temps. Les risques de blessures seraient donc augmenté, des risques qui ne satisfont pas l’UNFP, le syndicat des joueurs, qui s’était opposé à cette idée-là. Une ligue 1 à 22 inquiétait également les clubs de l’élite d’un point de vue économique. Il était prévu que les équipes de ligue 1 reçoivent chacune un chèque de 20 millions d’euros pour les droits TV. Sauf qu’à 22, les règles changent et le chèque tomberait à 18 millions d’euros, soit 2 millions en moins pour chaque participant.

Ceci étant dit, qui dit plus d’équipes dit plus de matchs et aussi potentiellement plus de spectacles à offrir aux amateurs de la Ligue 1. Quoi qu’il en soit, c’est une décision qui n’est pas à prendre à la légère, et qui impliquerait, forcément, des conséquences auxquelles les acteurs de la ligue 1 ne sont pas habitués.

Crédit photo : Twitter / compte officiel de la Ligue 1

PSG – Lazio Rome : ça chauffe pour Milinkovic-Savic

C’est le dossier le plus chaud du mercato pour le Paris-Saint-Germain en ce moment. Le Serbe Sergej Milinkovic-Savic est l’une des priorités de Leonardo, le directeur sportif actuel du club. Évoluant à la Lazio depuis 2015, il pourrait permettre au club de la capitale de renforcer son milieu de terrain. 

Ça ne sera pas une partie de plaisir pour le transférer, le PSG est conscient de l’enjeu économique du joueur. Pour laisser partir Milinkovic-Savic, le dirigeant de la Lazio Rome, Claudio Lotito, établit le prix de vente à 80 millions d’euros, pas en dessous. La semaine dernière, le champion de France avait déjà formulé une offre de 60 millions, bien en dessous du prix espéré par le club italien. Avec la crise du Covid-19, la côte des joueurs serait en baisse entraînant des prix plus bas, cela permettrait au club parisien d’attirer plus facilement le joueur.

Pourtant, le club parisien s’est fait une grosse frayeur après la reprise des entraînements en Serie A. Après 2 mois sans exercice physique, les corps des joueurs ont dû se réhabituer aux efforts physiques des matchs. Le milieu de terrain se serait alors arrêté après une douleur ressentie au niveau du genou. La presse italienne s’est empressée de répandre le pire, le joueur devait passer une IRM, expliquant alors une blessure grave. Heureusement, elle n’a pas été confirmée et son alerte au genou ne semble pas aussi grave qu’évoquée dans les journaux italiens.

Il va falloir batailler pour obtenir les services du joueur car d’autres grands clubs européens seraient en pleine discussion avec l’entourage du joueur comme Manchester United, Chelsea ou encore le Real Madrid.

Le « sergent » d’1m91

Sa taille est un élément important pour le PSG, entre Marco Verrati (1m65), Idrissa Gueye (1m75) et le Leandro Paredes (1m80), il pourrait amener une qualité que le club a du mal à combler. Une grandeur qui permet aussi d’apporter de la puissance dans le jeu parisien avec son volume de jeu, il enchaîne les efforts et développe une qualité de passe supérieur à la moyenne. Ajoutons à cela, une détermination à toute épreuve permettant d’être très solide dans les matchs importants, ce qui risque de plaire au Paris-Saint-Germain pour passer de nombreux caps en Ligue des Champions et pouvoir toucher du doigt la coupe aux « grandes oreilles ».

À côté de son physique impressionnant, ses qualités techniques et son efficacité devant le but lui permettent d’être un milieu de terrain très complets. Malgré une attaque de feu, l’efficacité des milieux reste discutable, le joueur serbe pourrait rendre le milieu parisien très dangereux. 

Un élément important de la Lazio

En 25 matchs, il inscrit quatre buts et délivre quatre passes décisives, il prouve une nouvelle fois qu’il est une arme dangereuse qu’on n’aimerait pas rencontrer.  L’équipe de Simone Inzaghi (actuel entraineur de la Lazio Rome) se tient deuxième au classement de la série A et le joueur de 25 ans est l’un des principaux artisans de cette réussite. Il fait aussi part d’une belle régularité avec un seul match non disputé cette saison, causé par une suspension. 

« S’il y a une situation qui rend le club et le joueur heureux, ce sera pris en considération (…) Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il est heureux ici » déclare Igli Tare, actuel directeur sportif romain au micro de Sky Italia. 

Comme à chaque mercato, le club parisien espère s’attacher les services du joueur serbe, en espérant pour eux que cette fois-ci, c’est la bonne.

(crédit photo mise en avant/ Sergej Milinković-Savić en 2018/ Edgar Breschanov)