Coronavirus : un point sur l’Europe

La France est entrée aujourd’hui dans son troisième jour de confinement pour faire la « guerre » au coronavirus. Le Parlement doit voter jeudi et vendredi 20 mars « l’état d’urgence sanitaire ». Et chez nos voisins, comment ça se passe ?

La France est passée en stade 3 de l’épidémie de coronavirus depuis le samedi 14 mars. Aujourd’hui, l’ensemble de la population est contrainte au confinement quasi-total. Seuls les déplacements « nécessaires » sont autorisés, à savoir ceux pour exercer une activité professionnelle indispensable, ceux liés aux achats de première nécessité, ceux consistant à venir en aide à aux personnes vulnérables et enfin ceux liés aux besoins sportifs. Une attestation est obligatoire pour justifier vos sorties.  Ce jeudi soir, on compte 10 995 cas confirmés en France, et 372 décès enregistrés. De l’autre côté des frontières, la situation n’est pas plus rassurante.

En Italie

Depuis une dizaine de jours, le pays est en confinement total. Les rues sont désertes, notamment dans le Nord, zone la plus touchée. Les bars, cafés, discothèques, cinémas, parcs…. Tout est fermé. Les évènements sportifs et culturels sont reportés ou annulés sur l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, l’Italie est devenu le premier pays le plus touché par la pandémie, devant la Chine.

Les chiffres de cas et de décès sont extrêmement alarmants. L’Italie a malheureusement franchi un nouveau palier aujourd’hui, jeudi 19 mars.

La quarantaine est donc jusqu’à nouvel ordre maintenu et prolongée au-delà de la date initiale du 3 avril 2020. Seule une baisse considérable des cas et décès pourrait changer la donne. Une équipe multidisciplinaire de chercheurs à l’Université de Gênes a estimé que le pic de l’épidémie pourrait avoir lieu entre le 23 et le 25 mars 2020.

En Espagne

En Espagne, on dénombre 17 395 personnes testées positivement au Covid-19 et 803 morts ce jeudi en Espagne. Pour tenter d’endiguer la propagation du virus, la municipalité de Madrid a pris des mesures draconiennes.  Les citoyens ont interdiction de se promener, rendre visite aux familles ou à des amis, faire du sport à l’extérieur, rendre visite à un voisin ou fêter un anniversaire. Pour guérir les malades, la capitale a décidé de les transporter dans un hôtel afin d’alléger la pression dans les hôpitaux.

D’autre part, le gouvernement espagnol a fermé ses frontières terrestres. Il n’y a plus moyen pour les Français et les Portugais de passer la douane. Toute entrée et sortie est interdite.

Au Royaume-Uni

De l’autre côté de la Manche, le gouvernement britannique a annoncé ce jeudi la fermeture de ses écoles. Celles-ci fermeront « vendredi après-midi et resteront fermées jusqu’à nouvel ordre » a déclaré le Premier ministre Boris Johnson. L’objectif étant de « ralentir la propagation du virus ». Si le Royaume-Uni retire son intention d’adopter la stratégie de l’immunité collective, il refuse pour autant d’annoncer un confinement général pour le moment. Seules les personnes de plus de 70 ans le sont. Le pays compte actuellement 3 269 personnes infectées par le virus et 144 décès.

En Allemagne

Outre-Rhin, la situation continue de s’aggraver également. Le pays compte 14 602 personnes infectées par le coronavirus et 44 morts sont à déplorer selon le dernier bilan. Un nombre de cas plus élevés qu’en France, mais beaucoup moins de décès. Depuis le début de semaine, la chancelière Angela Merkel a décidé de fermer la frontière avec la France, la Suisse et l’Autriche pour endiguer la propagation du coronavirus. La plupart des magasins et certains espaces publics sont fermés, mais le pays n’est toujours pas passé au stade du confinement comme en France, en Italie ou en Espagne.

En Belgique

La Belgique a relevé 1 795 cas détectés et 21 décès dans l’ensemble de son territoire. La situation s’est sévèrement aggravé ces derniers jours et ces dernières heures. Ainsi, le gouvernement a annoncé mettre en place de nouvelles mesures. Le pays est en confinement depuis mercredi 18 mars à midi, jusqu’au 5 avril inclus. La Première ministre Sophie Wilmès a détaillé les principaux axes de cette procédure (sorties, commerces, établissements scolaires…) lors d’une conférence de presse. 

Au Portugal

Selon le dernier bilan, 785 cas de coronavirus ont été détectés pour 3 décès seulement. Le bilan reste stable dans le pays. Depuis vendredi 13 mars, le Portugal est en état d’alerte. Le Premier ministre, Antonio Costa, a annoncé la fermeture des écoles et la limitation de l’activité des bars, restaurants, discothèques ou centres commerciaux. Aucune procédure de confinement n’a en revanche été annoncée. Sur Twitter, l’attitude des Portugais face à la propagation du virus fait réagir.

En Grèce

La Grèce compte à ce jour 418 cas de coronavirus et 5 morts. La dernière victime en date est un homme de 53 ans, la plus jeune victime du pays. Le gouvernement s’est exprimé sur la situation. « Pour diminuer la propagation du virus dans notre pays, nous avons décidé de la fermeture de tous les centres commerciaux, de tous les cafés, bars, cafétérias, restaurants, des bibliothèques, des musées, des sites archéologiques, des centres sportifs, des centres d’esthétique » a annoncé vendredi 13 mars, le porte-parole du ministère de la Santé, Sotiris Tsiordas. La police a procédé à une centaine d’ arrestations de personnes qui ne respectaient pas ces consignes.

Brexit : Boris Johnson, grand vainqueur !

Le jour de gloire est arrivé pour Boris Johnson. Ce Jeudi 12 décembre, le Royaume-Uni a appelé ses électeurs aux urnes pour des législatives anticipées. Le parti conservateur a obtenu la majorité absolue.

He won ! Le parti conservateur a obtenu 368 sièges sur les 650 députés, contre 191 pour le Labour. Soit, une majorité absolue pour le Premier ministre. Les résultats définitifs seront connus dans quelques heures.

Plus de trois ans après le référendum remettant en question l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne et après une grande instabilité politique liée au Brexit, c’était l’heure pour les électeurs britanniques de voter.

L’enjeu était crucial, Boris Johnson allait-il avoir une majorité ? Le Premier ministre conservateur a exposé la sortie de l’Union européenne comme sa principale promesse de campagne. Cette majorité facilitait la direction du Royaume-Uni vers la porte du Brexit. Le leader conservateur espérait obtenir une majorité nette, soit plus de 326 sièges pour ces élections législatives. Son adversaire ? Le travailliste Jeremy Corbyn. Il a longtemps laissé flou, sa position sur le Brexit. Durant toute la campagne, il a cherché à décrédibiliser le candidat Johnson, par des attaques personnelles et en essayant de montre que le Premier ministre serait incapable de mener le Brexit comme il promet de le mener.

Une élection qui attire la jeunesse

Selon le mouvement étudiant For our Future’s Sake (FFS), 1,4 million de jeunes ayant moins de 25 ans se sont inscrits sur les listes électorales spécialement pour ces législatives. Charlie vit en France depuis 2 ans. À 25 ans, le jeune liverpuldien (habitant de Liverpool) a voté il y a trois ans lors du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Charlie a déposé un « Yes » dans l’urne. Aujourd’hui, après toutes les renégociations, polémiques, et changements, il comptait « toujours sur le gouvernement de Boris Johnson pour faire respecter la décision des Britanniques ». Pour rappel, le référendum s’est conclu sur une victoire du « Leave » (Quitter, partir) avec 51,9 % (17 410 742) contre le « remain » (rester) qui a récolté 48,1 % (16 141 241).

La victoire de Johnson ne changera rien dans l’immédiat. Une période de transition est prévue par l’accord de divorce pour atténuer le choc de la sortie de l’UE. Londres aura jusqu’au 31 décembre 2020 pour négocier avec l’Union européenne. Ce délai semble d’ores et déjà impossible à tenir, ce type de négociation prend plusieurs années. Les experts pensent qu’une prolongation de la transition s’effectuera.

Les derniers sondages prédisaient pourtant un résultat très serré. L’institut Savanta créditait les conservateurs avec Boris Johnson à 41% des intentions de vote, le Labour avec Jeremy Corbyn à 36% des voix, les libéraux démocrates avec 12% des suffrages, les autres partis récoltaient ensemble 11 %.

Les résultats définitifs sont attendus demain, vendredi, vers 5h ou 6h du matin, heure française.

Un « pacte vert » en demi-teinte pour Ursula von der Leyen

La présidente de la Commission européenne a dévoilé hier les propositions de son « green deal », qui doit mettre la transition écologique au cœur des politiques européennes. Mais celui-ci suscite déjà des critiques, de la part des conservateurs comme des écologistes.

La présidente de la Commission européenne voit la vie en vert. Alors qu’elle s’était donné un objectif de 100 jours après le début de son mandat seulement dix jours après sa prise de fonction, Ursula von der Leyen a présenté hier devant le Parlement européen , son très attendu « Green Deal », pacte Vert : une feuille de route vers la neutralité climatique destinée à devenir la « nouvelle stratégie de croissance » de l’Union Européenne (UE). La nouvelle cheffe de la Commission européenne, souhaite envoyer un message fort sur les volontés écologiques UE en pleine COP 25, à Madrid.

Deux objectifs clairs

Ce projet ambitieux a deux objectifs principaux : atteindre la neutralité carbone en 2050 soit d’être à un point d’équilibre entre la quantité d’émissions de gaz à effet de serre émise par l’UE et la capacité qu’elle a d’en retirer via les puits de carbones (forêts, prairies, océans…). Et deuxièmement, réduire des émissions carbones de 50 voire 55% d’ici 2030 actuellement à 40%. Ursula Van der Leyen a également dévoilé “50 actions pour 2050” :  une liste de propositions législatives, plans d’actions et stratégies, couvrant une grande diversité de secteurs : les transports, l’industrie, le commerce, le tourisme… afin d’atteindre ses deux buts. 

L’UE ne représente que 9 % des émissions carbones sur la planète et pourtant Ursula von der Leyen veut en faire le premier continent à se fixer officiellement cet objectif de neutralité carbone. 

Un pacte qui ne fait pas l’unanimité

Alors qu’Ursula proposera en mars prochain une « loi climatique” pour inscrire la date de 2050 pour la neutralité carbone, le pacte fait déjà face à de vives critiques. Il lui est reproché par les conservateurs de créer des divergences entre la partie occidentale, plus verte du continent et l’est. Trois pays, encore très dépendants des énergies fossiles et en particulier du charbon, n’ont pas accepté cet accord : la Pologne, la Hongrie et la République Tchèque. Afin d’entamer leur transition écologique, ces derniers demandent une compensation financière. Une enveloppe de 100 milliards d’euros d’investissements est prévue pour venir en aide aux régions et les secteurs « les plus vulnérables ». 

Pour les écologistes et les ONG telle que la Fondation Nicolas Hulot, les sommes annoncées « ne couvriraient qu’un tiers des besoins » et déplore « l’absence d’une feuille de route pour mobiliser les investissements nationaux » explique Kévin Puisieux, responsable économie et finance à la Fondation Nicolas Hulot (FNH) au journal 20 minutes. Même constat pour Karima Delli, eurodéputée Europe Écologie Les Verts (EELV) et présidente de la commission des Transports et du Tourisme, qui désire des mesures plus fortes.  » La question des investissements, nécessaires à accompagner la transition écologique, n’est pas assez abordée. Sortir de la règle des 3% des investissements verts est une nécessité pour que les Etats Membres fassent leur part ». Elle se réjouit de » l’intégration du principe d’une plus forte taxation du secteur aérien, ainsi que du principe du pollueur-payeur dans le secteur maritime, et routier, » mais regrette « qu’une taxe kérosène, si nécessaire, ne soit pas clairement posée comme principe ».

La députée européenne souhaiterait également la mise en place d’une assemblée citoyenne pour s’assurer que le « Green Deal  » atteint ses objectifs.

Ursula von der Leyen présentera à nouveau son pacte vert en début d’après-midi devant le Conseil européen, le premier de cette nouvelle commission. L’occasion d’obtenir l’ adhésion des trois derniers pays récalcitrants à l’objectif de neutralité carbone en 2050.